• L'altération de l'altérité

    Le texte ci-contre est tiré d'un entrefilet signé Samuel Piquet et paru dans Marianne du 24/01/20.

    L'homme n'est pas un loup pour l'homme, mais pour la femme. En fait l'autre est devenu dérangeant, insupportable, traumatisant, il est devenu une intrusion dans le confort de chacun, une agression par sa seule présence.   Lorsqu'un homme regarde une femme de façon insistante, lorsqu'il la complimente , c'est évidemment dans l'intention de la séduire afin de la violer d'une façon ou d'une autre.

    Les relations entre les hommes et les femmes prennent un curieux tour en lançant le balancier trop loin après la dénonciation justifiée des agressions sexuelles restées trop longtemps cachées, et en jetant quasiment un air de suspicion sur l'hétérosexualité.

    L'autre, ressenti comme une agression dépasse le cadre des sexes et touche aussi celui des identités notamment dans les universités anglo-saxonnes où les minorités, qu'elles soient sexuelles, ethniques ou religieuses, ont une susceptibilité à fleur de peau, ce qui conduit à interdire à la majorité toute remarque qui pourrait les froisser, au point de vouloir se réfugier dans un espace ("save space") prévu pour se mettre à l'abri de la contradiction. Pauvres choux.

    Ces mesures affligeantes pour protéger la fragilité mentale des individus me rappelle un livre d'anticipation, dont je ne me souviens plus du titre, où les règles suivies en société imposaient  d'éviter le moindre contact verbal ou physique avec les autres  individus afin de se préserver de toute violence.

    Mais dans notre monde également, pour éviter toute contradiction, tout débat, toute dispute, afin de préserver son confort intellectuel, les gens ont tendance à ne fréquenter que les gens qui leur ressemblent, à rejeter comme des adversaires infréquentables ceux qui ne sont pas d'accord et avec lesquels il n'est même pas question de parler, comme si les fréquenter c'était se salir soi-même ou en tout cas risquer d'être condamné par ceux de votre bord.

    Dans le monde d'aujourd'hui la tendance n'est pas de vivre ensemble, mais de vivre séparé jusqu'à haïr l'autre.

    « Le silence coupable de DieuSans ordonnance »

  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Février à 16:42
    Pangloss

    Il y a des regards pénétrants.

      • Samedi 8 Février à 16:56

        Et non protégés.

    2
    Samedi 8 Février à 17:39

    Il y a encore plus grave que le regard qui viole les femmes: le regard qui tue les hommes !

    Elle a les yeux revolver

    Elle a le regard qui tue

    Elle a tiré la première

    M'a touché, c'est foutu !

      • Samedi 8 Février à 17:42

        Bien vu.

    3
    Samedi 8 Février à 18:10

    On avait, avant, "alter ego"

    On a, maintenant, "alter" et "ego"

    épissétou...

     

      • Samedi 8 Février à 18:27

        Le tout à l'ego et cétacé.

    4
    André
    Dimanche 9 Février à 00:08

    La "gonzesse": dernier stade de la dégradation. Aussi bien de l'homme que de la femme. J'aurais bien pu tout aussi dire "femelle". "Masculin" ou "Féminin",ça me parle mieux. Mais qui est prêt à assumer ce qu'il est et de ne pas essayer de devenir ce qu'il ne sera jamais?

      • Dimanche 9 Février à 10:02

        Vous parlez des transsexuels ? 

    5
    André
    Dimanche 9 Février à 10:32

    Je pensais en premier lieu à la faculté qu'ont certaines gens de se coucher au moindre froncement de sourcil ou au moindre verbe haut de la part de ces frères et soeurs de la perpétuelle offense, de ce souci de ne froisser personne, de plaire à tout prix à n'importe qui, quitte à se renier soi-même, d"où ce qualificatif de "gonzesse", aussi bien au féminin qu'au masculin. Des gens qui n'ont pas de colonne vertébrale, en somme. Quant à l'exploration de son "côté féminin", pour certains de ces messieurs, c'est parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire. C'est peut-être un passe-temps pour des nantis bien repus mais ça n'apporte rien au monde. Idem pour ou les pétasses qui surjouent et se comportent comme des gamines capricieuses.  Pour les viragos, les voir essayer de rouler des mécaniques est risible. Et pour ce qui est des transexuels, ils seront toujours une minorité et ils n'ont qu'à se démerder avec leur nombril au lieu de tout le montrer tout le temps. Leurs "tourments intérieurs" m'indiffère totalement.

      • Dimanche 9 Février à 10:46

        Voilà une charge en règle de notre société occidentale où se sont imposées des normes dont le respect impose une autocensure permanente de sa parole sous la surveillance sans merci de la meute en réseau.

      • André
        Dimanche 9 Février à 10:47

        Doublon. Je n'arrive plus à effacer ce message-ci.

      • Dimanche 9 Février à 10:48

        Je l'ai fait.

    6
    Souris donc
    Dimanche 9 Février à 10:52

    La deuxième image explique la faillite de l'enseigne Pronuptia. Et non les considérations démographiques, la vente en ligne, le cours du dollar ou encore les Gilets Jaunes, avancées par le président du groupe.

      • Dimanche 9 Février à 10:59

        Cette image est amusante parce qu'elle grossit le trait sur la place que prennent les sexualités alternatives, comme on pourrait les appeler, dans notre société, mais elles restent minoritaires pour expliquer le recul du mariage qui séduit de moins en moins les hétérosexuels.

    7
    André
    Dimanche 9 Février à 10:58

    Merci bien. J'ajoute qu'il peut y avoir un plaisir à déplaire à ces choqués professionnels. C'est vrai que chez cette meute dont vous parlez, il y a toujours un flic qui sommeille, mais le pire, c'est notre propre flic intérieur. Je ne parle pas de ce qui fait notre éducation et qui nous permet de vivre en société, mais de ce manque de force à affirmer et à défendre ses convictions. Ca peut même être très rigolo si vous forcez le trait. Parfois, je m'amuse avec un de mes amis à ce jeu et celles et ceux qui partent tout de suite en vrille ne se rendent pas compte qu'ils se rendent ridicule. Essayez avec des gens qui ont "le monopole du coeur" et qui prêchent la concorde et la tolérance. Vous verrez leur masque craquer.

      • Dimanche 9 Février à 11:04

        L'équilibre est parfois difficile à assurer entre conviction et respect de l'autre.

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