• J’évite de consulter le programme

    Bien que cette information n’intéresse personne, je dois avouer que je lis de moins en moins de littérature médicale. Je me dis que c’est normal puisque je n’exerce plus la médecine qu’à la marge, et que j’ai moins de raisons de me tenir immédiatement au courant de son évolution, ce centre d’intérêt revêtant moins d’importance pratique.

    En fait, la raison n’est pas là. Jadis je dévorais la littérature médicale sans modération et sans appréhension. Le monde était divisé en deux : les gens malades et les gens sains et j’appartenais à cette dernière catégorie sans arrière-pensée. Les gens malades étaient à l’extérieur et je travaillais à les secourir sans craindre la contamination.

    Aujourd’hui, j’ai pris de l’âge ou plutôt l’âge m’a pris, et le passage d’un monde à l’autre est pour bientôt, car j’ai la chance de ne pas avoir encore – pour l’instant (j’insiste) - passé franchement la frontière. La littérature médicale m’offrant le programme détaillé des possibles réjouissances à venir, j’évite de plus en plus de le consulter, d’autant plus que je ne peux pas choisir la programmation, et qu’elle me sera imposée.

    J’évite de consulter le programme

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Août à 19:49

    A partir d'un certain âge, la liste des maladies ressemble à la carte d'un mauvais restaurant. On ne sait que choisir.

      • Dimanche 27 Août à 20:03

        Mais on ne choisit pas. Un seul plat nous est servi et souvent il n'est pas sur la carte.

    2
    Souris donc
    Dimanche 27 Août à 22:27

    Nous autres, côté patients, nous, enfin, je en tous cas, évite de googueuler la moindre maladie, car je me reconnais aussitôt les symptômes. Du cancer, du rhume, de l'Alzheimer, du choléra ou de la peste bubonique.

      • Dimanche 27 Août à 22:37

        Comme étudiant débutant j'avais toutes les maladies dont j'étudiais les symptômes. Jeune ce sont des illusions, plus tard ce sont des perspectives.

    3
    Dimanche 27 Août à 23:28

    Oh, vous savez, Doc, la vraie frontière est celle qui consiste à cesser de tenter de comprendre le monde et à consulter avec intérêt le menu des réjouissances divines qui nous proposent une deuxième chance au grattage pour acquérir l'éternité

    Et vous semblez bien loin de franchir cette frontière.

      • Lundi 28 Août à 08:27

        Les promesses d'outre-tombe n'engagent que ceux qui y croient et comme le dit Woody Allen : "l'éternité, c'est long, surtout vers le fin"

    4
    Lundi 28 Août à 08:20

    Oh par pitié ! Faites nous rire ! Ce billet est bien trop sombre en cette fin d'été.

    Bises Paul.

      • Lundi 28 Août à 08:34

        Je ne recommencerai plus...Enfin, pas tout de suite.

      • Souris donc
        Lundi 28 Août à 09:32

        Test du Tamalou :

        Si à la question "Bonjour, comment allez-vous ?" vous délivrez votre bulletin de santé détaillé, vous en êtes un.

        Si votre interlocuteur en est un aussi, non seulement vous parlerez de vos petites misères, mais de celles de vos connaissances. Puis à un moment, l'un des deux dira "Ah ben dites donc, on n'est pas gais aujourd'hui." Grand silence, chacun cherche (fébrilement) de quoi il pourrait bien parler.

        Conclusion : les petites misères sont une version de la météo. Les rhumatismes remplacent la grenouille.

      • Lundi 28 Août à 11:42

        Pour ma part, j'évite de demander : "ça va", dans la crainte de s'entendre répondre : "non, ça ne va pas !". Ce qui me hérisse le poil, c'est quand quelqu'un me demande : "en forme ?" (souvent des sportifs ou anciens sportifs).

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