• Harcèlement médiatique

    Harcèlement médiatiqueEn ouvrant la page d’annonce des articles mis en ligne le 21/10/17 par le Huffingtonpost, j’ai trouvé pas moins de 11 articles concernant le harcèlement sexuel dont les femmes se déclarent victimes. Voici la liste de leurs titres dans l'ordre d'apparition :

    - A 13 ans, Julie Delpy a mis « le script dans la figure » d’un réalisateur qui lui faisait une « proposition malsaine ».

    - Boutin défend la « grivoiserie » face au « dégueulis d’accusations ».

    - Accusé de viol Tarik Ramadan dément et va porter plainte.

    - Ariane Fornia, la fille d’Eric Besson ne parlera plus de son agression sexuelle. (A noter qu'elle éprouve le besoin de déclarer qu'elle n'en parlera plus, ce qui est encore une façon d'en parler)

    - Accusé par la fille d’Eric Besson, Pierre Joxe envisage de porter plainte.

    - #BalanceTonPorc : Sandrine Rousseau appelle à passer de « cette révolte très violente » à la justice.

    - Une ex-assistante parlementaire porte plainte pour agression sexuelle contre un député LRM.

    - Un conseiller régional d’Ile-de-France visé par deux plaintes pour agressions et harcèlement sexuels.

    - Plus d’1 française sur 2 a été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle.

    - Une avocate nous trace la frontière entre blagues et harcèlement.

    - « Suivre des hashtags c’est bien, être attentif aux victimes d’agressions sexuelles dans la vraie vie c’est mieux ».

    L’affaire Weinstein a ouvert des vannes qui avaient jusqu’à présent retenu les plaintes féminines pour la plupart justifiées en provoquant un tsunami aux USA et en Europe. En Russie, le problème d’existerait pas. Dans une bonne partie du monde musulman, ce n’est pas un problème puisque les victimes sont coupables d’avoir été agressées.

    Ce déferlement a l’intérêt de mettre en lumière des situations intolérables où l’homme usant de sa position hiérarchique cherche à exercer un véritable droit de cuissage ou se livre à un chantage à l’emploi (qui peut également exister en sens inverse) quand il n’use pas de sa force physique.

    Mais ce déferlement a quelque chose gênant par son ampleur qui finit par poser la question de la véracité des accusations, de la part de vengeance, ou même du désir de notoriété. J’ai été ainsi  amené à prendre connaissance du nom et du visage de nombreuses personnes dont j’ignorais l’existence, notamment dans le monde du spectacle ou de la politique. Quand les révélations virent à la délation sur les réseaux sociaux avant que la justice soit sollicitée on est dans une forme de lynchage injustifiable.

    S’il est sain de voir les choses en face, le spectacle de cet étalage devient un peu malsain. On peut se poser la question des relations futures entre les hommes et les femmes et sur la possibilité de la méfiance qui risque de se développer entre eux. Méfiance qui existe déjà depuis de nombreuses années aux USA (ce qui n’a pas empêché Weinstein, sûr de sa puissance, de se conduire en grossier prédateur et Trump de « prendre les femmes par la chatte »). Une partie des conservateurs américains (dont le vice-président Pense*) en profite pour plaider pour une société plus prude qui bannirait les réunions entre hommes et femmes. La religion est toujours en embuscade. Voir aussi "le crépuscule de la drague"

    * « Il expliquait en 2002 que ses interactions avec les femmes étaient encadrées par des règles strictes. Pence ne dîne jamais seul avec une personne du sexe opposé, ne va jamais à une soirée alcoolisée sans sa femme et préfère avoir un assistant homme s'il faut travailler jusqu'à tard le soir »

    « Ory soit qui mal y penseL'OMS est malade (en tout cas son directeur) »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 22 Octobre à 18:03

    Pour éviter les ennuis, il faudrait aller plus loin que Pense: séparer les hommes des femmes et n'autoriser que la fécondation in vitro. Vitro, ce n'est pas un prénom à donner à une petite fille. Vous ne voyez pas que ça donne des idées à un harceleur?

      • Dimanche 22 Octobre à 18:12

        A ce train, l'homosexualité a de l'avenir.

    2
    Souris donc
    Dimanche 22 Octobre à 18:45

    Cette érotisation à l'envers du débat public est juste grotesque. Pendant ce temps on ne parle pas du chômage de masse, de l'immigration, des VRAIS problèmes. Le puritanisme importé, une branche pourrie du politiquement correct.

    Nouratin : #nebalancepastacochonne.

      • Dimanche 22 Octobre à 18:59

        11 articles dans un journal généraliste ! Il reste guère de place pour les problèmes qui fâchent.

    3
    Dimanche 22 Octobre à 19:22

    Ce déballage me gène, c'est ni plus ni ni moins de la délation, et le harcèlement est puni par la loi. Non d'un chien, saisissez la justice mesdames quand vous êtes victime de ce genre de chose. Le vindicte populaire n'a pas a remplacer la justice !

    Bonne soirée Doc

      • Dimanche 22 Octobre à 19:51

        C'est en effet le mieux. Reste que la plupart sont des témoignages sans citer de nom et que la difficulté est de prouver la véracité de ses dires (parole contre parole) en l'absence de témoignages concordants.

    4
    Dimanche 22 Octobre à 19:40

    Une femme du monde peut-elle pratiquer la délation ?

    (je sors)

      • Dimanche 22 Octobre à 19:52

        C'est à la portée de n'importe qui.

    5
    Dimanche 22 Octobre à 20:48

    Ce déballage, a comme vous dites un côté pas un peu mais très malsain. Je pense quand à moi (sans avoir recours à Pense que je découvre chez vous) qu'il y a beaucoup de vengeance de la part de ces femmes, et de perspective de se mettre en avant et de parader pour un moment sur le devant de la scène, surtout pour celles (actrices) qui sont nulles!

     Il y a sûrement des femmes qui se sont fait agresser je l'ai été moi-même dans un cinéma de Nantes, j'ai fait un tel scandale que monsieur a filer sans demander son reste sous les huées des autres personnes présentes. J'ai quand même déposé une plainte sur les conseilles de mon mari, et à l'hôtel de police ils m'ont dit que je n'étais pas le première et qu'ils recommenceraient leur surveillance dans ce cinéma. Je n'ai plus jamais osé aller seule au cinéma !

      • Dimanche 22 Octobre à 23:23

        Votre expérience montre bien que le problème est réel, mais ce déballage n'est pas la solution.

    6
    Souris donc
    Lundi 23 Octobre à 09:23

    Elisabeth Lévy appelle ça le Délathon.

    Et la médiatisation des thons continue. Emulation de thons de compétition. Plus harcelée que moi, tu meurs. 

    Le bouquet final : l'inévitable rassemblement, dimanche place de la République, avec coins dédiés aux assos de victimes, l'incontournable espace non-mixte, ateliers participatifs, responsables et citoyens.

      • Lundi 23 Octobre à 10:32

        Cette question réelle est avant tout juridique, comme celle des violences subies par les femmes. Elle tourne à présent à la farce (avec l'orchestre de "Nuit debout" !). Le bétonnage de la place de la République invite à toutes les exhibitions "citoyennes" jusqu'au ridicule mais qui donnent l'occasion inespérée à quelques inconnu(e)s de se faire connaître.  

      • Souris donc
        Lundi 23 Octobre à 10:50

        La violences faites aux femmes ? Tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups portés par son conjoint. De la vraie violence et pas cette indignation de carton-pâte.

        Et puis, quelle femme n'a pas joué de ses charmes ? Le vent fripon qui soulève la jupon...

        Il serait peut-être temps que les hommes lancent le #BalanceTaSalope qui en ferait taire plus d'une.
        Parce que ces femmes, harcelées par le gars de Hollywood, il faut voir comme elles le ceinturaient, le bisoutaient, le collaient, dans l'espoir de décrocher un rôle (les photos ne manquent pas) et, une fois le rôle décroché, comme elles se fichent à poil sur les tapis rouges de Cannes ou d'ailleurs, accusant le vent fripon d'avoir relevé malencontreusement un pan de leur jupe portée sans culotte sur un minou épilé pire que le Mont Chauve, ou fait chuter l'épaulette du corsage qui... aïe... a mis à nu un sein. Pardon, M'sieurs-dames, c'est le vent, je voulais pas...
        Belle image qu'elles donnent des femmes, ces nanas qui ne se jaugent qu'à l'aune de leur nudité et de leur sexe-à-pile, mais qui, bien sûr, sont en première ligne pour défendre LA CAUSE DES FEMMES.
        M'énervent grâââve, ces fôcutes.
        Pardon : faux.sse.s Cul.

         (Copié/collé du commentaire d'une Isabelle chez Corto)

         

      • Lundi 23 Octobre à 11:34

        Jugement sévère mais juste. Beaucoup d'hypocrisie dans ces manifestations outragées de ces actrices qui hurlent un peu tard avec la meute.

    7
    Lundi 23 Octobre à 17:13

    Ben merde alors ! Quitte à passer pour une emmerdeuse, je trouve ça très bien qu'on en parle enfin ! Parce qu'à côté des nanas dénudées sur le tapis de Cannes ou d'ailleurs, il y a des milliers de femmes anonymes qui n'osent rien dire, pour ne pas perdre leur travail ou parce qu'elles ne sont pas entendues. 

    Accepteriez-vous messieurs d'être considéré comme une proie, un trophée de guerre ou un objet ? Accepteriez-vous qu'une femme vous mette la main au panier sans crier gare en vous disant qu'elles ont envie de vous b.... ? Et que ça se répète tous les jours ? Et je fais tout à fait la différence avec ce qu'est la séduction. 

    Il y a actuellement déballage, étalage et exagération mais c'est peut-être nécessaire pour qu'on en parle enfin et que les hommes (certains) cessent de penser qu'au fond les femmes aiment ça et qu'ils peuvent continuer en toute impunité ! Pour avoir vécu ce genre de situation, je peux vous dire que NON, pas du tout ! 

    Et que des femmes prennent la défense de ces hommes là, revient à dire que finalement "elles" (les salopes) l'ont bien cherché ! 

    Et moi, je ne suis pas d'accord ! 

      • Lundi 23 Octobre à 18:45

        Je ne crois pas que mon billet est en désaccord avec votre commentaire. Que ces agissements soient mis en pleine lumière est bien, que la justice suive est encore mieux. Mais je trouve que ce déballage (suivi d'une manifestation de rue prévue !) prend des proportions qui vont finir par desservir cette cause indiscutable. L'impression d'une meute dont on perd parfois la motivation : sincérité et colère ? Vengeance ? Recherche de notoriété pour quelques unes, notamment pour des actrices ou des journalistes qui jusque là étaient parfaitement inconnues. La délation, elle, est insupportable lorsque l'on jette des noms au public avec le lynchage prévisible des réseaux sociaux avant que la justice n'intervienne.

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