• 313. De quoi se faire de la bile pour les ours

    De quoi se faire de la bile pour les ours

    Henri Le Fauconnier : "Montagnards attaqués par des ours"

    « La Chine a donné son feu vert à un médicament à base de bile d'ours afin de traiter des patients victimes du Covid-19, relançant la controverse sur le traitement des plantigrades élevés à cette fin. Des associations écologistes dénoncent de longue date le sort fait en Chine à des milliers d'ours (20000 selon une association), immobilisés dans d'étroites cages où leur abdomen est perforé par un cathéter relié à leur vésicule afin d'en prélever la bile » (AFP).

    La bile d’ours, dont le commerce est florissant dans toute l’Asie, est une thérapeutique préconisée par la médecine traditionnelle chinoise, notamment pour réguler le taux de cholestérol ou pour dissoudre la lithiase, non sans raison puisqu’elle contient de l'acide ursodésoxycholique que l’on utilise également en Occident mais que l’on produit chimiquement (nom commercial : Delursan, Ursolvan...).

    On ne voit pas très bien ce que pourrait bien faire la bile d’ours contre le covid-19. Néanmoins « Le ministère chinois de la Santé a recommandé le mois dernier une injection du nom de "Tan Re Qing" composée de bile d'ours, mais aussi de poudre de corne de chèvre et d'extraits de plantes, pour les patients gravement atteints. ». Ce mélange exotique serait indiqué dans le traitement des maladies respiratoires, notamment la pneumonie, d’où son emploi proposé contre la pneumonie atypique provoquée par le covid-19.

    La Chine est un pays plutôt déroutant lorsqu’on lui applique la rationalité occidentale. Son régime est communiste mais le capitalisme s’y épanouit. Sur le plan médical, elle à la pointe du progrès selon les normes occidentales, mais elle utilise largement sa médecine traditionnelle comme on vient de le voir.

    Pour ma part, je n’ai aucun mépris pour cette médecine traditionnelle, elle doit être jugée que sur son efficacité. Il ne faut pas oublier le nombre de substances thérapeutiques ou toxiques que l’on a pu extraire des plantes, tels la digitaline, le curare, l’opium ou la belladone, et c’est une spécialiste de la médecine traditionnelle chinoise, Mme Tu Youyou, qui découvrit l’artémisinine pendant la guerre du Vietnam, molécule extraite du qinghao ou artemesia annua (l’armoise), connue depuis des millénaires en Chine comme fébrifuge. Cette artémisinine est devenue depuis un des antipaludéens majeurs. Elle a permis de protéger les Vietnamiens du Nord contre le paludisme qui les décimait (la chloroquine étant devenue inefficace) et de vaincre ainsi l’armée américaine.

    Par contre, je doute de l’efficacité de la bile d’ours même associée à la poudre de corne de chèvre, contre la pneumonie atypique du covid19, cette mixture ayant incontestablement un parfum moyenâgeux. On ne peut trouver que cruel et inutile d’enfermer ces grosses bêtes dans des cages de leurs dimensions, l’abdomen perforé par un cathéter pour prélever régulièrement leur bile dans le but de satisfaire des lubies asiatiques

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  • Commentaires

    1
    Souris donc
    Jeudi 2 Avril à 16:49

    Et l'huile de foie de morue ?

      • Jeudi 2 Avril à 16:57

        Très riche mais dégueulasse.

    2
    Jeudi 2 Avril à 16:53

    J'ai pris de l'huile de foie de morue durant toute mes jeunes années, c'était carrément dégueu, je refuse aujourd'hui la bile d'ours, ces pauvres bêtes martyrisées par les jaunes!

      • Jeudi 2 Avril à 16:58

        Je suis également passé par là.

    3
    Jeudi 2 Avril à 16:58

    Dommage que ce ne soit pas efficace, car vu le nombre d'ours mal léchés qui se font de la bile dans notre pays en ce moment nous pourrions exporter vers la Chine !

    A moi seul je pourrais fournir la ville de Shanghai !

      • Jeudi 2 Avril à 17:00

        Ne prenez pas des vésicules pour des lanternes.

    4
    Jeudi 2 Avril à 18:40

    Je laisse la médecine traditionnelle aux partisans de l'homéopathie, aux bouffeurs de quinoa, aux consommateurs de gelée royale, aux consommateurs de sans gluten et aux lubrifiés aux huiles essentielles. Et j'espère que mon médecin a bien travaillé à l'école.

      • Jeudi 2 Avril à 18:44

        C'est en tout cas plus prudent. Je ne supporte pas la poudre de corne de chèvre.

    5
    Souris donc
    Vendredi 3 Avril à 09:59

    Traduire en chinois L'Ours, Histoire d'un roi déchu (grossièrement, de symbole de grandeur, d'un pays, d'une foi, il finit nounours, en passant par animal exhibé dans les foires).

    Michel Pastoureau. Passionnant.

    Nous nous contentons du coq, les autres ont des lions et des ours comme emblème. Plus noble. Faudrait que les Chinois se fassent de la bile, des fois que les pays où la symbolique de l'ours est très prégnante (Berlin a l'ours pour symbole) n'achètent plus et ne délocalisent plus chez eux.

      • Vendredi 3 Avril à 10:44

        Sortir de la dépendance serait une bonne chose, mais ce ne sera pas si simple. Par ex. le port du masque en Asie est courant, mais un fabriquant de masques en France aurait-il une clientèle en dehors des épidémies ?

    6
    Dimanche 5 Avril à 10:03

    Petit résumé:

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=116&v=RdMv57SvZWw&feature=emb_title

      • Dimanche 5 Avril à 10:10

        Le document n'a pas été retrouvé par Google

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