• 202. Une étude douteuse

     

    202. Une étude douteuseDans une émission de télévision le très médiatique Michel Cymes (ancien chirurgien ORL), un des présentateurs du « Magazine de la santé » s’est fait l’écho d’une étude qui avance que des cancers du sein survenant chez la femme après la ménopause seraient évitables si elle modifiait ses comportements.

    Il existe, en effet une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut Gustave Roussy (Paris), parue au début février qui va dans ce sens. Elle a porté sur 67 634 femmes issues de la cohorte française E3N. Les patientes avaient entre 42 et 72 ans. Après 15 ans de suivi, 3 138 cancers du sein ont été diagnostiqués après la ménopause (497 avant).

    Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche Inserm, et principal auteure de ce travail a déclaré : "après la ménopause, plus de la moitié (53,5 %) des cas de cancer auraient pu être évités avec un comportement adapté"

    Diantre.

    Et l’étude relève en particulier les facteurs suivants sur lesquels on pourrait agir :

    L’utilisation d’un traitement hormonal de la ménopause (14,5 % de cancers évitables), moins prescrit actuellement,

    Une alimentation déséquilibrée (10,1 %),

    La consommation d’alcool (plus d’un verre par jour) (5,6 %),

    Le surpoids à l’âge adulte (IMC >=25kg/m2) (5,1 %).

    La maigreur à la puberté dont la correction permettrait d’éviter 17,1 % des cancers du sein post-ménopausique.

    A noter que d’autres facteurs incriminés comme le tabac, le stress…ne figurent pas dans la liste dont j’ai eu connaissance.

    Ce travail me laisse plus que perplexe.

    1. La moitié des femmes qui avait un cancer n’avait aucun de ces « comportements ». On peut déjà en conclure que leur impact est plutôt faible. Comment peut-on se permettre de dire que « plus de la moitié des cas de cancer auraient pu être évités avec un comportement adapté» ?
    2. Comment peut-on affirmer une relation de cause à effet entre ces facteurs et la maladie ? Et même si deux phénomènes évoluent dans le même sens, il n’est aucunement certain que l’un est la cause de l’autre car les deux peuvent être provoqués par un troisième facteur.
    3. Une relation pourrait être établie que si la suppression du facteur incriminé prévenait l’apparition du cancer. On peut peut-être en douter puisque la moitié des femmes chez lesquelles on ne retrouvait pas de facteurs « favorisants » ont eu un cancer.
    4. Cette étude douteuse risque néanmoins d’entraîner une culpabilisation des femmes atteintes d’un cancer du sein.

    Au total, je trouve les conclusions affirmées à l’issue d’une étude aussi critiquable, plutôt scandaleuses, ce qui ne les empêche pas d'être largement médiatisées, mais ce qui ne veut pas dire non plus que ces « comportements » n’ont pas une influence, encore fallait-il le démontrer.

    « Brèves du 15.02.16Pitié pour les apprentis terroristes »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 18 Février 2016 à 11:44

    Si cet ORL, s'occupait des oreilles plutôt que des nichons, ne serait-ce pas mieux ?

    Je connais plusieurs femmes qui ont eut des cancers du seins, elles ne buvaient pas, ne fumaient pas, pour l'alimentation je n'en sais rien, je suis plus portée à croire que le stress et le mal-être sont plus coupables que la nourriture !

    2
    Jeudi 18 Février 2016 à 13:57

    Il y a comme ça des études dont on se demande pourquoi elles apparaissent dans les médias alors qu'elles méritent pour le moins quelques vérifications.

    3
    Jeudi 18 Février 2016 à 15:09

    Avec tous les facteurs invoqués, il y a longtemps que je devrais l'avoir mon cancer du sein !

    Je reste persuadée que les antécédents familiaux doublés du stress ou d'un choc psychologique peuvent déclencher l'évolution d'un cancer, quel qu'il soit !

    Le professeur Jean-Paul Escande s'est occupé en 1983 de mon frangin. Il avait développé un cancer à la suite d'un grain de beauté dans le cou qui avait viré (exérèse, rayons). Il restait sceptique quant aux causes du développement de ce cancer, l'excès de soleil certainement et pourquoi pas un choc psychologique !

    Pierre avait été enlevé quelques temps avant par une lame de fond un jour de pêche. Il avait été chahuté par la mer sur les rochers. In extrémis sorti du bouillon, il recrachait de l'eau de mer 10 heures après, était bleu de la tête aux pieds, et avait vu sa vie défiler. Il est décédé en 1986, les métastases avaient filé sur le péritoine.

    Ma belle sœur avait recontacté Jean-Paul Escande au moment du décès de mon frangin, et selon ce dermatologue cancérologue, l'existence ou non d'un lien entre psychisme et cancer était à l'époque encore trop complexe à évaluer, mais envisageable ! Une opinion qui donnerait peut-être raison à ces croyances populaires.

    Bon après midi Doc, la neige a fondu.

    4
    Jeudi 18 Février 2016 à 15:17

    La difficulté est toujours de démontrer la relation de cause à effet quand il s'agit des facteurs psychologiques ou comportementaux. Il a été plus facile de démontrer l'influence néfaste du soleil sur la peau.

    5
    Jeudi 18 Février 2016 à 16:00

    Culpabiliser les malades est inutilement cruel Un fumeur atteint d'un cancer du poumon, un alcoolique d'une cirrhose se sentent-ils mieux si on leur reproche leur comportement une fois la maladie diagnostiquée?

    6
    Jeudi 18 Février 2016 à 16:11

    Par expérience : cette cruauté est assez répandue.

    7
    Jeudi 18 Février 2016 à 16:53

    Si l'on devait "écouter" toutes ces études, il serait plus simple de se suicider tout de suite ! On y trouve tout et son contraire. J'aimerais bien par contre que l'on nous parle de tous les produits chimiques que nous absorbons et respirons chaque jour. Ainsi que des cosmétiques dont les femmes (y compris moi) se tartinent... Encore que je n'ai jamais rien mis sur ma poitrine ; méfiance ! ouch

    8
    Jeudi 18 Février 2016 à 17:16

    Alors, imaginez ce qu'un médecin est obligé de se farcir comme études.

    9
    Jeudi 18 Février 2016 à 18:10

    L'important n'est pas ce qu'on dit, ce qui compte c'est que les media en parlent...dans cette optique on peut dire n'importe quelle ânerie!

    Amitiés.

    10
    Jeudi 18 Février 2016 à 18:22

    Dès que l'ânerie (si s'en est une) touche les comportements individuels, elle a toutes les chances d'être médiatisée

    11
    Vendredi 19 Février 2016 à 15:22

    Quid du collagène ? Du Botox ? Certains médecins en vivent (bien). Pas un mot sur ces facteurs ?

    12
    Vendredi 19 Février 2016 à 16:05

    Je peux me tromper, mais je n'ai pas l'impression que l'on utilise le collagène et le botox pour les seins.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :