• « Chaos calme »

     

    La pièce où je suis est un capharnaüm indescriptible, couronné par une petite fuite d’eau, lent goutte à goutte provenant du plafond, et soigneusement recueillie dans une bassine.

    J’ai été expulsé de mon bureau avec armes et bagages. Ils s’étalent sous mes yeux dans un parfait désordre, encore que je me demande si un désordre peut atteindre la perfection.

    J’ai été chassé de mon bureau par des peintres qui s’acharnent en ce moment même sur les murs qu’ils grattent énergiquement.

    Ce bureau, il fallait le repeindre depuis une éternité (à mon âge, on peut déjà parler d’éternité). Malgré les pressions, je fuyais ce moment.

    Les livres !

    J’ai renoncé pour les étagères murales qui seront recouvertes, mais Il fallait débarrasser au moins une bibliothèque.

    Je l’ai fait ce matin.

    Nombre de livres étaient jaunis, certains remontaient à ma scolarité ! Des livres dont je ne me souvenais plus les posséder, et même pour quelques-uns qu’ils furent écrits.

    J’ai rempli des caisses jusqu’à l’épuisement.

    Ce que la culture est lourde ! Quasiment intransportable. D’autres y sont parvenus. La culture n’est transportable que par les manuels (ce qui ne les empêche pas d’être également cultivés, devenant ainsi, lorsque c’est le cas, des êtres complets).

    Après la tornade des travaux, je vais devoir ranger le contenu des dix caisses. Je m’étais toujours interdit de jeter le moindre livre lorsque je ne pouvais pas le donner. Cette fois, c’est décidé, je vais devoir en jeter et donc faire un choix. Sans doute à tort, je ne relis pratiquement jamais les romans, alors pourquoi tous les conserver lorsque je ne trouve pas preneur.

    Quels seront les livres qui survivront à l’autodafé sans flammes ?

    Suspense.

    Des auteurs vont être dans leurs petits souliers. Enfin ceux qui sont encore vivants, mais ce sont les plus rares, et par charité je me dispenserai de les avertir de leur sacrifice.

    « Chaos calme »

     

    « Extension du domaine des commandementsLes quatrièmes se rebiffent »

  • Commentaires

    1
    Mardi 23 Février 2016 à 17:10

    Alors bon courage pour cet autodafé!

    A chaque déménagement, mon mari et moi, nous nous sommes débarrassé de livres, aujourd'hui j'en regrette beaucoup qui sont  introuvables et que je ne peux plus acheter...

    Il faut aller sur la pointe des pieds quand on trie!

      • Mardi 23 Février 2016 à 18:13

        C'est une opération douloureuse et risquée

    2
    Mardi 23 Février 2016 à 17:52

    Avant la peinture, j'espère que la fuite à été colmatée.

    Je rigole ! J'ai été visiter l'ami Pangloss, qui est également dans le rangement de ses livres. Je pense que cela lui prendra un certain temps, voire un temps certain, puisqu'il les relit au fur et à mesure de son rangement.

    Bientôt je serais aussi dans le déménagement des livres de maman. Elle était abonnée à France Loisir et il y en a aussi des caisses et des caisses.

    Je crois bien que le don pur et simple à la commune de l'île de Batz sera la meilleure solution, pour les livres que je ne garderai pas. C'est ce que je fais dans ma commune en Ille & Vilaine pour les livres dont je veux me débarrasser.

    Je ne peux pas jeter un livre, cela représente un véritable sacrilège !

    Bon courage et bonne soirée.

    3
    Mardi 23 Février 2016 à 18:17

    A Paris, j'ai déjà pu donner des livres, mais ce n'est pas si simple, enfin pour moi, je ne connais probablement pas les bons correspondants.

    4
    Mardi 23 Février 2016 à 19:01

    Je vois ce que vous voulez dire. L'autodafé, je l'ai fait avant de déménager (un milliers de livres dont je savais que je ne les relirai pas. Deux mille en ont réchappé dont je sais pourtant que je n'aurai pas le temps de les relire tous car je continue à en acheter une dizaine par mois (des polars étrangers surtout, l'âge venant). J'espère que mes enfants s'attelleront à la tâche.

    5
    Mardi 23 Février 2016 à 19:24

    Malgré internet et la e-lecture, le livre - pour l'instant - résiste. C'est un objet incomparable, mais nous faisons peut-être partie des derniers Mohicans.

    6
    Renarde
    Mardi 23 Février 2016 à 21:20

    C'est curieux, nous en sommes tous à ranger nos bibliothèques... Je ne PEUX PAS me séparer de mes chers volumes, j'ai même encore mes Lagarde et Michard qui n'étaient pourtant que des livres de cours, mais qui représentent une époque... Mais pour faire de la place aux petits enfants et transformer la bibliothèque en chambre, j'ai trouvé une solution qui vaut ce qu'elle vaut... mes enfants qui sont aussi des rats de bibliothèque, les récupèrent avec bonheur... et je sais que si j'ai envie d'en relire certains, je n'aurai qu'à  demander à celui qui le détient de me l'apporter

    J'ai quand même gardé tout ce qui a trait à l'histoire et la philosophie, et il y aura ceux qui continueront à arriver au fil des publications...

    7
    Mardi 23 Février 2016 à 23:13

    Transmettre aux siens est la meilleure des choses. Il y a des livres de référence que l'on conserve sous la main pour pouvoir les consulter si nécessaire.

    8
    Mardi 23 Février 2016 à 23:41

    Je connais ce dilemme.. je croule aussi sous les livres et suis incapable de m'en séparer. Zaza a une bonne idée s'agissant des livres de sa maman, pour ceux qu'elle ne veut pas garder. 

    Bonne soirée Dr WO

    9
    Mercredi 24 Février 2016 à 08:45

    Cela prouve qu'être blogueur n'empêche pas de lire. Mais peut-être que cela concerne surtout les anciens lecteurs qui n'ont pas abandonné leur "vice" pour internet, donc des générations - disons - d'un certain âge.

    10
    Jeudi 25 Février 2016 à 12:24

    Moi, j'en donne beaucoup à la bibliothèque de ma commune, devenue médiathèque. C'est ainsi que je transmets. Mes enfants, eux, liront ce qu'ils veulent.

    11
    Jeudi 25 Février 2016 à 13:24

    Ma commune manque d'intimité.

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