
Nicolas Poussin : « L’enlèvement des Sabines »
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Le 7 août 2010 à 6 heures du matin une jeune fille de 19 ans est violée à plusieurs reprises dans le RER E par un individu qui s’enfuit sans omettre auparavant de dérober le portable de sa victime. La police judiciaire du Val-de-Marne arrête le violeur quelques jours plus tard, il est connu des services de police pour des faits similaires, il reconnait le viol avant d'être déféré au parquet de Créteil. Il ressortira libre. Le ministère public a fait appel de la décision (j’ignore la suite de l’affaire). Le 5 septembre 2010, dans le nord, un individu condamné à 10 ans de prison pour viol en 2006, en liberté conditionnelle depuis 2009 (après avoir effectué la moitié de sa peine), viole et assassine une femme de 29 ans qu’il avait séquestrée. Il reconnait les faits. Il suivait sans faille les obligations médico-judiciaires imposées. |
Le crime sexuel a-t-il une solution médicale ?
Des criminels sexuels sortent de prison et trop souvent récidivent. Les médias s’indignent parfois du manque de suivi psychiatrique comme s’il existait une solution médicale : obligation de soins, castration chimique, expertise psychiatrique destinée à évaluer la dangerosité. Lorsqu’il s’agit de criminels, il ne faut pas trop se faire d’illusions sur ce que la médecine peut apporter.
Selon un rapport adopté en juin 2010 par l’Académie de médecine, il est difficile d’évaluer scientifiquement l’efficacité des thérapeutiques antihormonales (volontariat, absence de placebo) comme est difficile à évaluer la psychothérapie qui les accompagne. Les auteurs se référent néanmoins à une méta-analyse de 2008 ayant intégré 80 études portant sur plus de 22 000 sujets (!), qui conclue que les traitements hormonaux et la psychothérapie abaissent le taux de récidive que de 25%. Quant à la prévision de la dangerosité, elle laisse à désirer, peut-être pourra-t-on l’améliorer dans l’avenir.
On voit que les criminels sexuels, quelle que soit la prise en charge (actuelle), récidivent dans les ¾ des cas (d’après cette méta-analyse) et s’il n’y a pas de solution médicale, c’est peut-être qu’il n’y a pas de maladie. La pulsion de viol provient d’un instinct primitif et bestial que les règles de la société, l’éducation et l’éthique personnelle ont permis de faire disparaître pour la majorité. Cet instinct primitif risque de réapparaître pour une minorité si l’occasion se présente. La conduite de la soldatesque en campagne est là pour le montrer. Dans les conflits africains le viol fait partie des armes de guerre, et en 2010 au Congo les viols se comptent par dizaines, les membres du GIA algérien violaient au nom d’Allah et surtout par frustration, à travers l’histoire toutes les conquêtes se soldaient par son contingent de viols, rejoignant ainsi le rapt des femmes dans les tribus primitives ou les peuples anciens.
Se dégager des règles de la société n’est pas une maladie mais une attitude dangereuse pour les autres, comme est dangereux le voleur qui n’hésite pas à tuer. Les psychiatres me diront peut-être que c’est cette pulsion de viol, le passage à l’acte, et la perversité qui l’accompagne souvent qui est pathologique. Mais la brutalité et la perversité sortent du cadre de la médecine. La pulsion de viol plus ou moins atrophiée est dans chaque homme et le passage à l’acte dépend de l’attitude asociale d’un individu et pour certains des circonstances. Il est à noter que les soldats qui ont commis des viols ont été parfois sanctionnés (dans les armées qui ne les encouragent pas) mais jamais pris en charge médicalement, du moins à ma connaissance.
Voir également : "En avoir ou pas"