• En avoir ou pas

    Un pédophile (j’aurais préféré le terme de pédoclaste) qui a passé 27 ans en prison pour viols multiples est à nouveau incarcéré pour récidive, aidé en cela par la prescription inconsciente de Viagra délivrée par un médecin de la prison qui a mis un point d’honneur a séparer le dossier judiciaire et le dossier médical (on pourrait lui rétorquer que cette prescription a plutôt conduit à altérer la santé du pédophile que de l’améliorer). Cette triste affaire a posé la question de la castration chirurgicale, méthode irréversible, à côté de la castration hormonale (anti-testostérones) qui, elle, est réversible et bien que volontaire peut être interrompue à tout moment par l’intéressé.

    « Pour l’instant, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement » a déclaré Michèle Alliot-Marie. Déclaration en contradiction avec  le code civil qui mentionne expressément le caractère inviolable du corps humain et l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter s’est indigné en soulignant que l’on touchait là à un principe fondamental de nos sociétés qui est de ne pas mutiler un corps humain et en assimilant la castration chirurgicale à la lapidation des femmes et la justice tranchante préconisée par la charia. On pourrait cependant lui faire deux remarques. D’abord, on touche fréquemment à l’intégrité du corps humain par la pratique de la circoncision pour motif religieux et de façon constante  en médecine, notamment par la chirurgie esthétique dont l’objectif n’est pas de guérir. Ensuite la castration chirurgicale serait en principe réalisée avec l’accord ou sur la demande du délinquant sexuel alors que les mutilations pour raison judiciaire dans d’autres sociétés sont faites contre la volonté du prévenu et leur monstruosité ne se discute pas.

    Mais la question de fond est la suivante : les délinquants sexuels et notamment les pédophiles, multirécidivistes, sont-ils ou non des malades ? Il semble bien que oui. Un homme qui a récidivé jusqu’à passer 27 ans en prison a du être poussé par des pulsions qu’il ne pouvait dominer. Un malade ne doit-il pas être traité ?

    Il se trouve que la castration a longtemps fait partie de l’arsenal thérapeutique. C’est en I941 que le chirurgien canadien Charles Huggins découvrit que la castration pouvait faire régresser le cancer de prostate et entraver son évolution. Cette découverte permit de prolonger la vie de milliers de malades. Ce n’est seulement que depuis les années 1970 que l’on dispose de médicaments bloquant la sécrétion hormonale des testicules, réalisant ainsi une castration chimique.

    La castration chimique est déjà utilisée par la justice, mais son efficacité dépend de la continuité du traitement. La castration chirurgicale est plus radicale, mais est-elle totalement efficace ? Ce n’est pas certain, car la libido ne dépend pas seulement de la sécrétion des testicules, mais elle l’est de toute façon plus que toutes les autres méthodes pour soigner ces malades dangereux. La castration chirurgicale sera-t-elle toujours volontaire ? On peut craindre un chantage de la part des autorités.

    Est-on certain de ne pas ouvrir une porte à des dérives dont les Allemands nazis ont montré jusqu’où elles pouvaient aller ?

    C’est donc une question complexe : le traitement le plus efficace dont on dispose pour bloquer les pulsions sexuelles meurtrières est la castration chirurgicale, traitement appliqué pendant 30 ans pour une autre maladie et qui n’était pas considéré comme dégradant  mais comme salvateur. Mais il s’agirait pour les délinquants sexuels récidivistes non d’une décision médicale mais d’une proposition judiciaire. Dans le premier cas il s’agissait de la vie d’un malade entre les mains d’un médecin, dans le second cas il s’agit du viol et souvent de la vie d’un enfant ou d’une femme entre les mains du juge. Et le juge ne peut pas être remplacé par le médecin.

    « Rompus (7)Venise 8 »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 13:35
    Indépendamment du fait que la castration chirurgicale me parait contraire à nos principes, je me pose une question : l'ablation du sexe fait-elle disparaitre les pulsions qui, elles, se situent au niveau du cerveau ? Un violeur castré ne pourrait-il pas avoir envie d'assouvir ses pulsions par d'autres moyens (objet, sévices, tortures, meurtres...)
    2
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 15:22
    Que ce genre de déviance soit un crime ou une maladie, il est évident que ceux qui en sont les victimes ou les coupables représentent un danger pour autrui. La médecine est bien présomptueuse de croire qu'on peut les soigner et surtout les guérir à coup sûr. D'autant plus que la frontière entre le crime et la maladie n'est pas facile à tracer.
    Qu'ils soient criminels ou malades, il est justifié de les empêcher de nuire et donc de pas les laisser en liberté.
    Carlus a raison: ce dont on accuse la libido se situe peut-être à un autre niveau.
    La castration, chimique ou non, est:
    - soit une peine prononcée par un juge et, atteinte à l'intégrité physique, elle est en contradiction avec le droit.
    - soit une thérapie prescrite par un médecin et nous voici revenus au moyen-âge (où les médecins décidaient en fonction de leur ignorance) ou à l'époque soviétique (où l'on "soignait" les dissidents).
    Poussons jusqu'à l'absurde:
    Si l'ablation des testicules empêche la récidive, pourquoi ne pas essayer l'ablation des bras? Et si l'on n'est pas certain que c'est là que réside la pulsion plutôt que dans le cerveau, pourquoi ne pas procéder à l'ablation du cerveau? Au besoin, pour rassurer les bonnes âmes, par un procédé "chimique" (cyanure de potassium par exemple).
    3
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 15:34

    Il s'agit de l'ablation des testicules et non du sexe. Il n'est pas certain, justement, que la castration soit une garantie totale en raison de la composante cérébrale. Je ne pense pas  qu'il s'agisse d'une pulsion multiforme qui tenterait de s'assouvir dans d'autres domaines si la pulsion sexuelle disparait, mais des exceptions restent possibles, au psychiatre d'en faire le diagnostic.
    Dr WO

    4
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 15:59

    J'ai signalé que la castration chirugicale est la thérapeutique la plus efficace, mais il n'est pas certain que cette efficacité soit totale. Néanmoins là où elle est pratiquée (Tchéquie par exemple), on n'observe plus de récidive (du moins à ma connaissance). La castration chimique est déjà pratiquée et ne touche pas à l'intégrité physique. Il est peut-être préférable pour le délinquant sexuel de se promener avec de faux testicules que sans bras ou être enfermé toute sa vie. Les médecins seraient opposés à prendre une décision en ce domaine, et ne parlons pas du Moyen Age car la castration chirugicale a été une thérapeutique efficace pour le cancer de la prostate. Quant au problème du droit, il doit aussi s'appliquer aux victimes de viol souvent suivi de meurtre, mais il est certain que la question des dérives possibles est une question grave, car quand on supprime un principe aussi important que celui-là, les risques ultérieurs sont grands.
    Dr WO
     

    5
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 17:45
    Très intéressant ton article, Doc
    Mais..Mais…
    Au-delà du caractère irréversible et mutilant de la "pulpectomie testiculaire", la question n’est-elle pas que les pulsions sexuelles poussant ceux qui se rendent coupable de l’horrible crime de viol ne se résument probablement pas à une incapacité à avoir une érection ce qui n’est d’ailleurs pas garantit en cas d’ablation des testicules. Châtrer des délinquants sexuels est un acte spectaculaire et hautement symbolique de la destruction de la masculinité. Ce geste garantit-il que les pulsions pathologiques du castrat seront éteintes?
    Bonne soirée
    Bizzzzzzzzzzz
    ZAZA
    6
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 18:02

    Si la testostérone est un facteur essentiel de la libido ce n'est pa le seul, le facteur cérébral est important. Cependant l'absence ou la faiblesse de l'érection est très limitatif. Ceux qui ont subi une castration chirurgicale disent qu'ils ne sont plus handicapés par leurs pulsions ou qu'ils les dominent plus facilement. Je crois qu'en Tchéquie (contre l'avis de l'Europe) il y a 96 cas mais je n'ai aucun renseignements sur leur devenir.
    Dr WO

    7
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 18:11
    Certes, l'ablation des testicules soigne le cancer de la prostate. Mais ici il ne s'agit pas d'une maladie dont souffre le sujet mais d'un crime qu'il commet contre autrui.
    8
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 18:31

    Ne soigne-ton pas les maladies psychiatriques ? Là nous parlons de multirécidivistes qui recommencent dès qu'ils sont libérés, ce qui est manifestement pathologique. Il n'y pas de traitement chirugical de la schizophrénie, et s'il y en avait un ? Donc, parce qu'un psychiatrique devient un criminel on ne plus discuter de la validité ou non d'un traitement ?
    Dr WO

    9
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 18:46
    En tant que mère, je pense que si une de mes filles avait été violée, massacrée par ce genre de récidiviste je n'aurais eu aucune objection à ce qu'on les lui coupe...et sans anesthésie (ça c'est épidermique)! C'est facile de philosopher dans l'absolu mais allez demander aux victimes et aux familles des petites victimes ce qu'ils en pensent...ou alors on les enferme à vie. Est ce mieux ?
    10
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 20:47
    Je vois que les femmes sont plus radicales que les hommes. Pas étonnant.
    Dr WO
    11
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 20:54
    Les femmes sont plus souvent les victimes que les coupables de ce genre d'individus. On devrait leur demander leur avis plus souvent et en tenir compte.
    12
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 21:25
    Radicale comme Souliko. Femme et mère.
    Dr WO
    13
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 21:26
    Souliko et Sartan l'ont donné.
    Dr WO
    14
    Jeudi 29 Octobre 2009 à 22:18

    Vous vous retrouvez avec les autres dames. Pourtant la simple discussion de ce traitement soulève un tollé.
    Dr WO

    15
    Vendredi 30 Octobre 2009 à 19:31
    Doc petit problème pour ouvrir ton billet sur Venise.
    Perché non posso aprire il tuo articolo. Volevo parlare italiano questa sera
    16
    Vendredi 30 Octobre 2009 à 19:37
    Alors à ce soir.
    Dr WO
    17
    Samedi 31 Octobre 2009 à 20:11
    Epidermiquement c'est pas la castration mais la condamnation à mort : recta. Si j'étais concernée j'bute moi-même : magnum 9 mm dans la chetron façon propre. Mais ça : c'est animal. Si j'étais exquise j'demanderai pourquoi des mecs font des trucs pareils ? Oué POURQUOI ? Quelles misères Pépère...
    18
    Samedi 31 Octobre 2009 à 23:23
    Révulsée ? Normal. Pourquoi ? Les récidivistes sont des malades et il faut les empêcher de nuire. La question, c'est comment ? Votre solution est, disons, radicale.
    Dr WO
    19
    Dimanche 1er Novembre 2009 à 19:27
    Que faire contre la perversité de l'homme ?
    Dr WO
    20
    Dimanche 1er Novembre 2009 à 22:24
    C'est l'éternel débat entre l'inné et l'acquis.
    Dr WO
    21
    evy
    Dimanche 8 Novembre 2009 à 18:55
    dure ce sujet on devrais les castrés...
    22
    Dimanche 8 Novembre 2009 à 19:33
    A condition de considérer la castration comme une traitement et non pas comme un châtiment corporel.
    Dr WO
    23
    Jeudi 11 Novembre 2010 à 10:31

    Vous êtes donc partisan de donner du viagra à un violeur pour lui permettre de violer ?

    Dr WO

    24
    Jeudi 11 Novembre 2010 à 10:54

    ???

    Dr WO

    25
    sartan
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    Evidemment, comme Souliko, cela me choque et me révolte mais malheureusement je ne vois pas d'autres solutions que l'enfermement à vie. Et si ma fille était victime, je pense que, comme n'ayant plus rien à perdre, je me chargerai également de l'ablation en question !
    26
    leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    C'est vrai que les femmes sont plus souvent les victimes de viols, mais il existe des hommes qui se font violer par des femmes, on n'en parle moins sans doute parce que c'est plus rare ou parce qu'il s'agit d'hommes. Cela dit je serais d'accord pour la castration si le malade l'accepte tout comme on accepte un traitement pour être mieux quand on est malade.
    27
    leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    Que penser de ces gens "Mr et Mme tout le monde", qui partent en vacances, "tourisme sexuel" dit-on, moi je dirais "pédophilie" et ces pères qui violent leurs enfants? C'est monstrueux et ces gens là ne seront jamais inquiété par la castration ou quelque condamnation contrairement aux malades récidivistes. Pour ces gens là c 'est pas de la récidive c'est du plaisir dégueulasse à vie. Vrai qu'il y a des coups de fusils qui se perdent.
    28
    leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    La question est : l'homme naît ils pervers ou le devient-il par son éducation? Je pencherais pour la deuxième version quoique des fois chez certains on serait tenté de croire à la 1ère.
    29
    pabo l
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    En reponse a votre intro,je dirais que peut etre cette prèscription de viagra,est une façon de scier la branche aux bonnes ames qui ont condamnées unanimement sans chèrcher autre chose que la routine laborieuse des bons travaileurs le nez baissé sur leur turbin? :-D
    Qu'en a a faire cet homme d'une condamnation de plus ou de moins lorsque tout est fichu ? :-D
    Aprés tout les guerres sont peut etre surtout faite pour tuer les innocents ?
    30
    pabo l
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    Vous etes un vrais geni
    31
    pabo l
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:23
    !!!!!!!!!!!!66666666666666666666666666:-D
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