En voyant une voiture tourner à droite alors que le clignotant est mis à gauche ou inversement, quel homme n’a pas ricané en marmonnant : « c’est
sûrement une femme qui conduit ! ». On pourrait lui rétorquer que s’il a perdu ses clefs, sa femme les retrouvera avant lui tout en étant capable de faire autre chose en même temps (ce
que les hommes font plus difficilement). Il est vrai que le fonctionnement cognitif est différent selon le sexe et de nombreux travaux ont été consacrés à ce sujet jusqu’à aller au niveau
moléculaire pour déterminer la part neuronale ou hormonale de cette différence de fonctionnement.
Une revue générale sur ce sujet a été publiée en 2010 dans le journal « Trends in Neurosciences»[1]. Les auteurs rappellent ces différences. Les hommes ont une meilleure mémoire spatiale avec une vision de type carte géographique alors que les femmes utilisent davantage les repères du paysage comme élément de référence. Les femmes leur sont supérieures quand il s'agit de se rappeler la localisation d'objet et semblent avoir une meilleure mémoire autobiographique notamment pour les événements avec une valeur émotionnelle.
On sait que l'hippocampe joue un rôle essentiel dans l'encodage de la mémoire et le rappel des informations mnésiques. Les auteurs ont été jusqu’au niveau cellulaire pour expliquer ces différences selon le sexe dans le fonctionnement des réseaux impliqués en mettant en évidence des modifications dans la transcription des gènes et de l'activation de certains facteurs de transcription. Rassurez-vous, si les chercheurs étudient le fonctionnement cognitif chez l'humain, les mécanismes cellulaires et moléculaires sont étudiés chez les animaux comme le rat.
Ceci est bon à savoir pour un mari qui aurait oublié un anniversaire de mariage, car sa femme, elle, ne l’aura pas oublié en raison de sa meilleure mémoire autobiographique, mais il pourra désormais faire valoir son infériorité biologique dans « l'activation des facteurs de transcription impliqués dans la long term potentiation mettant en jeu les réseaux hippocampiques »... Sans oublier le bouquet de fleurs pour accompagner cette découverte scientifique en faveur de la paix des ménages, en espérant que l’épouse ne répliquera pas qu’elle n’a rien à voir avec une rate auquel cas le mari sera fait comme un rat.
[1] Mizunoa K et Giesea KP : Towards a molecular understanding of sex differences in memory formation .Trends in Neurosciences. 2010 ; 33 : 285-291 Andreano JM et Cahill L. Sex influences on the neurobiology of learning and memory . Learn. Mem. 2009 ; 16: 248-266. [NB. Je n’ai pas lu l’article lui-même mais son compte-rendu]