Dans ce blog figurent dans la rubrique « Questions médicales » huit articles, rédigés en 2008, consacrés à ce fameux cholestérol, les deux derniers articles étant intitulés : « Sur le cholestérol 7 : omerta » et « Sur le cholestérol 8 : conclusion ». A la relecture, ils ne me semblent pas trop dépassés.
Il y a toujours eu des opposants au rôle donné, en particulier Outre-Atlantique, à l’élévation du cholestérol sanguin comme facteur de risque à l’origine des maladies cardiovasculaires par rapport au rôle du tabac, de l’hypertension artérielle, de la sédentarité, ou du diabète, jusqu’à dire, pour certains, que le cholestérol n’a aucun rôle significatif et que l’abaisser quand il est élevé est inutile.
Hier soir sur Arte, l’émission « Doc santé » avait comme titre et sujet : « Cholestérol, le grand bluff ». Un titre « coup de poing » dont les médias raffolent. J’ai vu l’émission (en avant-première sur Libération.fr).
Les intervenants ont dit des choses qui me paraissent justes et dont j’ai déjà parlé dans ce blog (voir 128. "Du gras à moudre") :
- La peur instillée par les médecins (surtout américains) par une propagande disproportionnée jusqu’à être ridicule.
- La tendance des sociétés savantes à abaisser les normes (« plus c’est bas, mieux c’est »), ce qui fait entrer en pathologie des gens qui étaient considérés comme normaux auparavant.
- Les discordances observées (notamment en France) entre le taux de cholestérol et ses conséquences.
- Les études financées par les laboratoires pour démontrer à la fois la nocivité du cholestérol et l’intérêt de leurs médicaments.
- L’expansion d’une industrie agro-alimentaire basée sur le phénomène.
- Les intérêts financiers colossaux mis en jeu qui auraient conduit à décourager les études qui n’iraient pas dans le même sens.
La conclusion de ce documentaire fut, pour schématiser, que : l’élévation du cholestérol (« le mauvais ») n’a guère d’importance, et que la prescription des statines (les médicaments les plus efficaces pour abaisser son taux) sont non seulement inutiles, mais susceptibles de provoquer fréquemment des maladies.
Médiatisation oblige : il s’agit « d’un grand bluff », alors tout en disant des choses justes, on finit par dérailler.
D’abord les journalistes n’ont interrogé que des médecins qui s’opposent au rôle donné à l’hypercholestérolémie. Aucun n’avait été sollicité pour défendre la position majoritaire. Curieux et suspect.
Les intervenants ont admis que dans les études initiales les statines avaient abaissé de 30% la proportion des maladies cardiovasculaires et même la mortalité globale. Mais ils laissaient entendre que dans la mesure où elles avaient été financées par des laboratoires, les résultats devaient être faux. Mais sans aucune preuve à l’appui de cette thèse. Nos intervenants ont affirmé de surcroît que l’effet favorable des statines n’avait jamais été retrouvé par la suite. Ce qui est faux, les études qui ont suivi (dont une récente) continuent à constater l’effet favorable des statines.
Reste la nocivité de ces médicaments. Les effets secondaires existent, bien entendu, je ne connais pas de médicament efficace sans complications possibles. Pour les statines, les effets parfois observés sur les muscles et la régulation du sucre dans le sang sont certains, mais le tableau cataclysmique décrit dans cette émission, notamment sur le système nerveux, tient plus du grand guignol que de l’objectivité.
Une émission sans nuance et sans objectivité par amour du sensationnalisme, mais qui va peut-être faire des ravages. (voir ICI)