Au XIIe siècle, les conciles (Clermont, Latran, Tours) interdirent aux membres du clergé la pratique de la médecine et surtout de la chirurgie en vertu du principe : « Ecclesia abhorret a sanguine ». En 1492, le Pape Innocent VII, gravement malade, aurait dû s'en souvenir quand son médecin lui proposa la première transfusion sanguine humaine connue avec le sang de trois enfants. Les quatre en moururent. Le Pape aurait pu supporter la transfusion si son groupe sanguin avait été celui du « receveur universel », mais le monde est mal fait et ce groupe est le plus rare des quatre principaux découverts par l'autrichien Karl Landsteiner en 1901. La chance que les enfants soient tous trois des « donneurs universels » était également mince.
Les histoires de vampires alimentent les légendes et les spectacles, où l’on met en scène la jouissance vampirique de boire du sang ou de se baigner dedans. Du sang provenant de préférence du cou gracile et bien tentant de jolies jeunes femmes dont l'éventuelle virginité lui apporte un supplément de qualité.
Les vertus soi-disant rajeunissantes du sang juvénile viennent d’être remis à la mode par Jess Karmazin physicien de 32 ans, diplômé de l’université de Stanford qui a fondé une start-up dénommée Ambrosia. Il aurait déjà une centaine clients. Ils doivent être au moins âgés de 35 ans, sans doute pour que l’efficacité de la cure ne les transforme pas en nourrisson, l’autre condition étant de débourser 8000 dollars pour en bénéficier.
L’opération sera probablement très rentable car le promoteur se fournit comme tout un chacun dans les banques de sang (dont les « donneurs » sont rémunérés aux USA, ce qui assure leur plein succès) sans avoir à recruter des jeunes gens pour en faire couler le sang comme ce fut le cas du pape Innocent VII.
Henry Fuseli "Le cauchemar"