Ce sont les affirmations non prouvées qui ont généralement le plus de succès. Il suffit d’avoir foi en elles :
Acupuncture, acupressure ( les doigts remplacent les aiguilles), auriculothérapie, aromathérapie, homéopathie, fleurs de Bach (élixirs floraux), kinésiologie (tests musculaires ), réflexologie, chromopuncture ( piqûres de colorants), sangsues, ostéopathie, aura soma thérapie ( baguettes de cristaux), massage du côlon (sic), gymnastique du cerveau ( !?), fango (boue), fasciathérapie, sels de Schüssler (minéraux) hippothérapie (cheval, sic), marionnettes-thérapie, rebirth ( technique respiratoire), reiki (énergies par massages), sympathicothérapie ( réflexothérapie dans les fosses nasales), musicothérapie, iridologie, analyse des minéraux, des cheveux, oxygénothérapie, massages segmentaires, vedalogie , vital pratique, tantra, énnéagramme… et la Tribune de Genève du 18 février 2003 qui énumère ces médecines parallèles ajoute avec ingénuité : … et tous les charlatans.
Croire en soi pour être cru
Le charlatanisme existe dans tous les domaines, même ceux qui exigent une technicité particulière. Ainsi en Italie, en 2003, la Fédération nationale de l’ordre des médecins estimait qu’à côté des 40000 vrais dentistes, exerçaient 45000 imposteurs. Une enquête des inspecteurs sanitaires de la péninsule l’avait confirmé et l’agence Reuters Santé avait précisé à l’époque que parmi ces faux dentistes, 70% étaient des techniciens dentaires, ce qui peut s’expliquer, mais on avait trouvé également : 10% de vendeurs, 8% de policiers, 6% de conducteurs de tram, 4% de plombiers et 2% de soldats ! [1]
Les imposteurs sont de tous temps, exploitant la crédulité ou le désespoir des gens. Ils promettent la guérison et se vantent de moyens que les médecins n’ont pas. Leur clientèle dépasse les simples d’esprit et les chefs d’état leur ont donné parfois droit
de cité. Bernard Shaw lui-même était sensible à ces « médecins parallèles » arguant de la jalousie et de l’esprit réactionnaire des corps constitués. Mais les guérisseurs, rebouteux, et autres médicastres, eux, ne sont pas dupes de leurs boniments et recherchent leur propre guérison auprès des médecins Reste à espérer qu’ils ne tomberont pas sur ceux qui utilisent leurs connaissances pour se conduire en charlatans.
Mieux vaut un charlatan chanceux qu’un médecin ignorant.
La reine Victoria ayant distribué généreusement son gène hémophile aux familles royales d’Europe, notamment à son petit-fils, le tsarévitch Alexeï, donna l’occasion au staretz Raspoutine d’exercer ses talents à la veille de la révolution russe. Certains ont suggéré que son efficacité n’était pas due à son pouvoir hypnotique, mais au fait qu’il ait chassé les médecins et arrêté l’aspirine prescrite pour soulager les douleurs de l’enfant, en aggravant les hémorragies, ce que tout le monde ignorait. Il est curieux de constater que près d’un siècle plus tard, c’est encore l’ignorance des médecins qui est la principale cause du drame des hémophiles et du sang contaminé.
Des histoires à dormir debout
Comme l’anesthésie générale est tout de même un coma artificiel qui peut se compliquer, parfois gravement, on cherche toujours à en réduire les risques. De là à promouvoir des anesthésies loufoques par acupuncture, hypnose, électricité … il n’y a qu’un pas que certains franchissent souvent sans vergogne. On a vu des journaux télévisés présenter des vaches qui s’endorment quand on leur met des pinces à linge sur l’échine, des chinois couverts de sueurs se mordre les lèvres pour ne pas crier sous une soi-disant anesthésie par acupuncture et même l’image scandaleuse d’ une appendicectomie avec pour toute insensibilisation une « psychothérapie ».
Cest le chirurgien anglais James Braid qui, après avoir vu un spectacle de music-hall,
inventa le mot « hypnotisme » vers 1840. On doit à Jean Charcot
(portrait) d’importantes avancées médicales et pas seulement en neurologie mais on ne le cite que pour ses démonstrations sur l’hypnose faites avec trois patientes « professionnelles » hospitalisées à La Salpêtrière à cette fin. L’hypnotisme revient toujours à la mode de temps en temps pour traiter diverses affections mais pas l’insomnie.
Les absents n’ont pas toujours tort
L'homéopathie est basée sur une affirmation gratuite, mais son chiffre d’affaires annuel est en France de plusieurs centaines de millions d’euros. Le médicament considéré comme actif est dilué de telle sorte qu’il ne reste dans la préparation que son fantôme dont on agite
les chaînes. Il faut croire aux fantômes pour ne plus être hanté par ses maux après avoir absorbé l’absence de produit. Bien que les principes de ce traitement énoncés en 1796 par l’allemand Christian Samuel Hahnemann n’aient pas été démontrés jusqu’à présent, les quelques essais auxquels les homéopathes ont bien voulu se prêter seraient en faveur d’une action du médicament homéopathique différente de celle du placebo. Si un placebo s’avère supérieur à un autre, on peut mettre en doute la validité de tous les essais thérapeutiques quel que soit le médicament testé.
Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora