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Il est normal et juste qu’Eric Zemmour se considère avant tout comme Français en insistant pour que sa judéité, qu’il reconnait volontiers, ne rentre pas en ligne de compte dans ses prises de position politique. Mais il la met où sa judéité ? Dans la virtualité comme un souvenir ? Je me suis posé cette question, sans importance mais intrigante, en raison de sa réaction devant le succès de l’AfD aux élections régionales de Saxe-Anhalt. Le seul parti en France qui s’est ouvertement réjouit de cette victoire est le parti Reconquête d’Éric Zemmour. Sur X, ce dernier a estimé que « l’heure de vérité » était « venue » avant de prédire qu’« elle sonnera partout ». Concernant l’immigration tous les partis très à droite sont sur la même ligne en Europe et c’est l’absence de contrôle du flux migratoire par les autres partis qui ont été au pouvoir qui explique avant tout leur succès actuel. Mais que Zemmour efface totalement sa judéité pour applaudir un parti nostalgique du IIIe Reich, ce dernier ayant tout de même exterminé de façon industrielle la presque totalité des Juifs d’Europe (avec la participation sans réticence de l’Etat français), est plus que gênant. Une neutralité, de préférence silencieuse, ou une analyse plus nuancée approuvant certains côtés de l’AfD, mais désapprouvant d’autres, aurait été plus décente, mais la décence ne fait pas partie du personnage.
Illustration : George Grosz "Caïn ou Hitler en Enfer"