J’ignore si Mélenchon sera le Premier ministre de Macron, car il faut bien savoir que les catastrophes n’arrivent pas qu’aux autres, mais avec ce rassemblement désuni des gauches, en parfait homme de spectacle, il joue avec conviction le rôle de futur Premier ministre jusqu’à déclarer lors de la formation du nouveau gouvernement : « Grande tension avant la nomination de mon prédécesseur. Sera-t-elle de droite ou bien de droite ? Personne ne veut le job. C’est un CDD de mission d’intérim » (le 16/05/22 sur Twitter). Et comme il s’y voit déjà, il fait l’éloge de l’établissement qu’il va honorer de sa présence : « J’ai vu de loin le jardin de Matignon, il est mieux que celui de l’Elysée » (Entretien dans l’Express dans lequel il déclare également « vous n’êtes pas des vaches sacrées, c’est ma personne qui est sacrée »). On pourrait certes penser qu’il s’agit d’humour, c’est possible, mais je n’en suis pas certain, et il est également possible que Méluche, dépité de ne pas avoir été élu Président de la République, verse dans la prophétie autoréalisatrice. Une attitude de confiance en soi qui cherche à entrainer la confiance accordée par les autres, et il faut avouer que les médias ont parlé de lui matin midi et soir. Il aimerait par son comportement conformer le réel à sa conviction, et en modifier le cours. La représentation du réel tente de remplacer le réel lui-même, « on ne perçoit que ce que l’on croit ».