L’entrefilet ci-contre cueilli dans le Canard enchainé du 25/05/22 montre à quel point l’Occident déraille. Nous assistons, navrés, à une extension déraisonnable du domaine de l’agression sexuelle. On ne voit plus guère où peut s’arrêter cette notion, chaque parole, chaque geste pourrait être interprété comme telle ou comme un harcèlement sexuel. J’ai lu récemment qu’une femme doit être interrogée par la police car accusée d’agression sexuelle dans une réunion de féministes par une autre femme qui lui reprocherait un geste équivoque alors que l’accusée était un peu pompette et la « victime » en désaccord avec elle. Du crime authentique d’agression sexuelle, qui nécessite dénonciation et procès, on glisse vers la condamnation de l’anodin et de la plaisanterie de mauvais goût, ce qui est une agression du goût mais pas du sexe. Sans compter une dénonciation factice par intérêt ou vengeance. Disons que les relations sociales risquent d’être marquées par la méfiance et l’hostilité et de devenir tendues, notamment entre homme et femme, mais également entre personnes du même sexe. Une partie de la population devient fragile, susceptible, victime en puissance, un statut recherché plus par intérêt ou vengeance que par un ressenti réel. A cela s’ajoute la dévalorisation de la notion d’agression sexuelle si l’on met sur le même plan, un simple geste ou une plaisanterie douteuse et un viol, comme est dévalorisée la notion de racisme si la critique des déclarations d’un « racisé » est jugée raciste indépendamment de la teneur des propos et uniquement parce qu’elle est critique.