Benoît Hamon est tout de même le grand perdant de ce premier tour des présidentielles ; aboutir à environ 6% des voix en partant de 18%, il faut le faire. Sa démarche a permis de vérifier que quand on trahit son camp, son camp finit par vous trahir. Les thèses utopiques qui lui avaient permis de devenir le champion de son parti ont contribué finalement à le faire perdre, ce qui montre encore que l’on est toujours trahi par les siens.
Cependant Benoît Hamon a bien mérité de la patrie car en ne se désistant pas en faveur de Jean-Luc Mélenchon, il n’a pas permis à ce dernier de se retrouver parmi les deux finalistes.
François Fillon apparaît pourtant comme le perdant le plus spectaculaire alors qu’il arrivé en 3ème position en traînant avec une persévérance obstinée de lourds boulets qu’il avait largement contribué à se mettre lui-même aux chevilles. Sa sortie a été plus digne que son parcours.
Jean-Luc Mélenchon a été un mauvais perdant. N’admettant qu’avec réticence sa défaite. Sa mégalomanie cabotine l’ayant persuadé qu’il se retrouverait parmi les deux finalistes et confronté à Marine le Pen, son image inversée dans le miroir.
Ses spectacles avaient attiré beaucoup de monde, l’orateur ayant séduit par ses prestations au point de faire oublier la portée réelle de ses discours, son écologisme de façade et son pacifisme munichois.
Après avoir admis les résultats, il a montré par sa déclaration finale qu’il n’était aucunement guéri du trotskisme dont il avait été atteint pendant sa jeunesse en mettant dans le même sac Marine Le Pen de l’extrême droite et le « social traître » Macron.