L’envahissement par les sondages a cessé à l’approche du scrutin du premier tour des présidentielles, mais le mal est fait : nous connaissons le quarteron de tête et le vote des électeurs en sera pour beaucoup influencé.
En dehors de ceux qui s’abstiendront et qui observeront le scrutin d’un œil goguenard, il y aura, à mon humble avis, quatre groupes d’électeurs :
Le premier ne tiendra pas compte des sondages et votera pour le candidat choisi depuis longtemps, et que les péripéties de la campagne, quelles qu'elles furent, n’auront pas influencé. Ce sont des électeurs partisans.
Le second, sans se poser trop de questions, mais soucieux d’exercer son droit civique, suivra les sondages qui induisent, comme l’on dit, une dynamique et votera plutôt pour un des favoris ainsi désigné.
Le troisième votera en fonction de la personnalité et/ou du programme d’un candidat sans se préoccuper des sondages et de la suite. C’est en théorie le principe du vote démocratique.
Le quatrième aura un vote stratégique à partir des sondages et basé sur la perspective du second tour en cherchant à faire obstacle à l’arrivée au pouvoir d’un candidat. Ces électeurs voteront pour le champion, même s’ils ne sont pas entièrement d’accord avec lui, qui leur paraît le plus apte à barrer la route de la présidence à celui ou à celle qu’ils rejettent. Stratégie qui doit tenir compte, non seulement des sondages, mais également de la masse d’électeurs que leur champion pourra éventuellement mobiliser en sa faveur pour le second tour.