Les médias bruissent des reculades de Hollande. Une reculade, un retrait, un repli peuvent se justifier car il est parfois préférable de reculer plutôt que de s’entêter jusqu’au désastre. Certes, les replis stratégiques ou élastiques ont de mauvais précédents historiques et dégagent une odeur de retraite, mais l’entêtement dans une situation impossible à tenir laisse toujours une odeur de cadavres derrière lui.
Non, ce ne sont pas les reculades de l’exécutif français qui m’intriguent, c’est le fait que des décisions sont prises sans avoir prévu pleinement leurs conséquences ultérieures et sans avoir déterminé à l’avance les décisions à adopter en fonction de chacune d’elles, en dehors, bien sûr, d’une reculade qui est à la portée de n’importe quel prévisionniste.
Hollande, homme intelligent et ultra diplômé, semble se conduire comme un joueur d’échecs amateur qui ne détermine que le prochain coup et pas les coups suivants et encore moins les répliques de son adversaire.
Sa seule excuse est qu’il joue contre tout le monde : les troublions de sa propre majorité, les opposants qui lui ont laissé un jeu pourri avec lequel il se débat, l’aile extrême de la gauche reliquat d’un communisme dont on connait les succès, et les Français moyens dont on fait les poches avec une constance qui ne peut que lasser.
Cependant, on ne sait pas encore qui le fera mat, mais il n’est pas exclu que le prochain joueur soit encore plus mauvais que lui ou qu’il renverse d’un revers de main les pièces de l’échiquier, ce qui n’est jamais bon dans un tournoi.
Honoré Daumier « Joueurs d’échecs »