Environ 9 lycéens sur 10 obtiennent du premier coup leur baccalauréat, et environ la moitié d’entre eux avec mention. A ce niveau de réussite, on peut estimer que le jeune qui échoue à obtenir son diplôme est discriminé, et pourrait se retourner contre l’Etat, coupable de cette stigmatisation subie par l’excommunié(e) à l’égard de sa famille, de ses camarades, de ses voisins, voire même des habitants de son quartier.
Le bac s’accompagne chaque année de l’organisation d’un lourd cérémonial, d’angoisses, d’explosions émotionnelles, de fautes administratives régulières, de critiques acerbes, or le bac est un placebo : il ne sert à rien en donnant l'illusion de servir, puisqu’il n’est aucunement sélectif, sinon par les mentions. Avec son niveau de réussite, l’obtention de ce diplôme est devenue quasiment un droit, tout en restant une source de stress pour les candidats et leurs familles qui craignent de se retrouver ou de retrouver leur rejeton dans la peau du dixième rejeté, plus ou moins marqué par l’infamie.
C’est un placebo qui coûte cher (ne serait-ce qu’en émotions) et comme tel, il devrait logiquement être supprimé. Mais c’est un placebo auquel tout le monde semble tenir, les uns par sadisme, les autres par masochisme. En fait, peut-être que le bac est également une décoration comme la Légion d’honneur, sans grande valeur, mais que l’on aime arborer.
NB. J'avais fait il y a 4 ans un billet sur le même thème. Que mes visiteurs fidèles veuillent bien m'en excuser. Je ne radote pas encore, je me répète avec des variations. N'est-ce pas le propre de la musique ?