Parmi les conflits armés, la guerre civile est souvent la plus atroce. Une population d’une même nation qui arrive à s’entretuer est le résultat d’une haine qui n’est pas toujours présente dans les conflits entre deux nations puisqu’elle est capable d’effacer tout ce qui rapprochait auparavant – ne serait-ce que par la langue – les fractions qui s’affrontent les armes à la main jusqu’à pousser une personne à tuer son voisin. Les guerres de religions, les guerres civiles d’Espagne et de Syrie ou le génocide du Rwanda en sont des exemples où on a pu observer le pire.
Même si ce que nous observons en France : les rixes entre bandes rivales ou l’absence de respect de l’autorité et le terrorisme islamique sont très préoccupants, cela n’a rien à voir avec la menace d’une lutte armée entre deux moitiés de la population car dans les guerres civiles il s’agit bien d’une population divisée en deux. La minorité fanatisée des musulmans français serait-elle capable de prendre le pouvoir ? Les trafiquants de drogue (ce sont parfois les mêmes) seraient-ils capables de renverser le régime ?
Aussi pour les tribunes des militaires, si l’on peut être d’accord avec certains constats décrits, l’insistance avec laquelle elles rappellent la menace de guerre civile en France me les rend suspectes de manipulations. On ne ferait pas mieux pour distiller un sentiment de peur dans le pays propice à favoriser l’accession au pouvoir des extrémistes et Mme Le Pen n’a pas manqué d’approuver ces tribunes publiées opportunément à la veille d’échéances électorales. Illustration : Picasso "Guernica"