Il est curieux qu’en cette période où tout la monde est écologiste, y compris les entreprises les plus polluantes par leurs slogans publicitaires obéissant à la triade « durable-renouvelable-responsable », les réalisateurs de téléfilms montrent le plus souvent les écologistes sous un jour plutôt défavorable et le retour à la nature comme une démarche sectaire.
Quant aux politiques, mis à part les écologistes dont l’écologie est le gagne-pain, ils traînent l’obligation écologiste comme un boulet. A cet égard celui qui s’est pris les pieds dans le tapis avec une constance admirable est Emmanuel Macron. Personne ne lui avait demandé d’organiser cette « Convention citoyenne pour le climat » réunissant des gens incompétents qui, plus ou moins sous influence, ne pouvaient accoucher que d’une série de mesures pour la plupart impraticables dans l’immédiat. Bien sûr, Macron s’est retrouvé dans l’impossibilité d’appliquer la plus grande partie des résolutions, soulevant ainsi les protestations des participants et des écologistes dont la plupart sont dans l’opposition.
Cerise sur le gâteau, notre président sur sa lancée, pour montrer au monde sa fibre écologiste, et entrer dans les bonnes grâces de l’adolescente suédoise, envisageait de modifier l’article 1er de la Constitution française en ajoutant que la France “garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique”. Que vient faire ce genre de déclaration dans la Constitution ? Un ajout aussi bête que le « principe de précaution » pondu par Chirac. Comment la France peut-elle garantir une telle chose qui dépend de facteurs multiples dont beaucoup sont hors de la portée de toute action gouvernementale ? Je sais bien que le Sénat retoquera cette modification de la Constitution qui devrait en outre être soumise à referendum, mais pourquoi faire semblant de jouer avec la Loi fondamentale pour des raisons plus politiciennes que sensées ? Et comme elle a peu de chances de passer (du moins je l’espère), l’échec de la manœuvre se retournera contre Macron qui se sera à nouveau tiré une balle dans le pied, adoptant ainsi la façon d’opérer habituelle des écologistes.