On peut ne pas être d’accord avec la politique sanitaire du gouvernement, bien qu’elle soit quasi identique à celle de tous les gouvernements qui se préoccupent de la santé de leur peuple. On peut estimer que les mesures prises ne sont pas adaptées, excessives ou insuffisantes. On peut juger que les décisions imposées ne seront pas efficaces. On peut penser qu’une autre stratégie eût été préférable. On peut même considérer que le processus décisionnel manque de démocratie. Mais il est scandaleux, indécent et finalement minable de parler d'apartheid, de dictature, de nazisme, d’étoile jaune, d'évoquer sans la moindre gêne un monde de tortures et de mort que l’on ose comparer à un monde où l’on cherche, du mieux que l’on peut, à préserver la vie des gens et à leur éviter des souffrances. J’ai honte pour tous ces gens qui ont défilé en brandissant des pancartes ignobles et dont certains ont osé mettre une étoile jaune sur leur poitrine, preuve de leur ignorance et de leur bêtise monstrueuse. L'étoile jaune imposée aux Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale était un pass pour la mort, le pass sanitaire que l'on est libre d'obtenir ou pas, dont on peut même discuter le bien-fondé, est, lui, un pass pour la vie.