Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Coronaires, angine de poitrine, infarctus du myocarde. IV

6. Quelle est la différence entre angine de poitrine et infarctus du myocarde ?

 

Ce sont deux expressions différentes de la même maladie. Tout est dans le temps. L’angine de poitrine correspond à une situation critique brève, réversible et dans sa forme stable à un état anatomique coronarien chronique. L’infarctus du myocarde est également provoqué par une privation d’oxygène d’une partie du muscle cardiaque, mais cette privation est plus profonde et se prolonge au-delà d’une quinzaine de minutes aboutissant à la mort  cellulaire et à la nécrose systématisée d’un territoire plus ou moins étendu du muscle cardiaque [myocarde]. Cette nécrose sera par la suite nettoyée et remplacée par une cicatrice fibreuse dépourvue de la faculté essentielle de se contracter. 

La survenue d’un infarctus nécessite trois conditions : la première est l’occlusion totale ou quasi totale et prolongée d’une des trois coronaires principales et plus l’occlusion est proche de la naissance de l’artère plus le territoire menacé est vaste. La seconde est la rapidité de l’occlusion. La troisième est l’absence d’artères voisines susceptibles de prendre en charge le territoire menacé (la troisième condition dépend en partie de la seconde).

     

CARACTERISTIQUES

ANGINE DE POITRINE

INFARCTUS DU MYOCARDE

Mécanisme

Insuffisance d’apport sanguin à une région du cœur (ischémie) en raison du rétrécissement fixe (par athérosclérose) ou plus rarement d’un spasme d’une artère nourricière. Déséquilibre entre la quantité d’oxygène transporté par le sang et les besoins du muscle cardiaque.

Obstruction rapide par un caillot d’une artère principale du cœur.

Circonstances de survenue

En général un effort (marche) ou toutes les circonstances nécessitant une augmentation du travail cardiaque.

Aucun facteur déclenchant évident dans la grande majorité des cas.

Douleur de poitrine

Brève, quelques minutes après l’arrêt de l’effort. Abrégée par la prise de trinitrine.

Intense, large et prolongée, au-delà de 15 min et jusqu’à plusieurs heures. Trinitrine inefficace.

Conséquences

Aucune dans l’immédiat pour le muscle cardiaque si l’ischémie ne se prolonge pas. Troubles du rythme possibles.

Nécrose d’une zone du muscle cardiaque qu’un traitement effectué en urgence tente de limiter ou de prévenir.

Conduite à tenir

Consultation indispensable lors de la première douleur ou si par la suite les caractères et/ou les circonstances de survenue de la douleur se modifient.

Appel au SAMU (15)

 

 

 

7. Pourquoi et comment une coronaire peut-elle se boucher brusquement ?

 

Il est plus facile de répondre au comment qu’au pourquoi. C’est un caillot sanguin qui bouche l’artère et il ne lui faut que quelques minutes pour se former. Le caillot ne se forme pas au hasard et n’importe où, mais au niveau d’une plaque d’athérome et pas n’importe quelle plaque, celle qui vient de se rompre, mettant à nu par la fissure le magma athéromateux face au courant sanguin. Cette fissure va attirer des milliers de plaquettes, petits éléments du sang dont le rôle principal est de colmater les brèches éventuelles des parois vasculaires et de déclencher la formation d’un caillot destiné à obstruer la brèche, évitant ainsi l’hémorragie. L’ennui est que cette fissure ne concerne pas la paroi artérielle elle-même mais la plaque qui l’a infiltrée : c’est un leurre, les plaquettes et le système coagulant sont trompés par un excès de vigilance. Il en va ainsi souvent dans l’organisme, ses défenses se retournent contre lui.

La question est de savoir pourquoi une plaque d’athérosclérose jusque là bien tranquille et parfois gênant à peine la circulation se rompe ou s’ulcère. La composition de la plaque joue un rôle important, les lésions les plus fragiles sont celles qui comportent surtout des graisses et peu d’armature fibreuse. La fragilité du destin de chaque individu peut donc dépendre de celle d’une petite plaque de graisses de quelques millimètres. Quant au facteur déclenchant lui-même il n’est pas connu, on admet le rôle de l’inflammation, on incrimine parfois une élévation brusque de la pression artérielle que l’on observe, par exemple, lors d’un effort important comme le port d’une charge lourde ou lors d’une grande émotion, ces cas sont en fait rares.

corronaires

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Bonjour Doc, super blog avec une excellente vulgarisation, bravo.<br /> J'ai fait un IDM il y a 2 mois. Aujourd'hui j'ai arrêté de fumer, perdu 8 kilos et fais minimum 30 minutes de sport par jour en espérant que cela reste une alerte esseulée.<br /> J'ai quand même une question que je poserai également à mon cardiologue mais que je vous soumets ici. Pour faire bref un dimanche j'ai fais une balade, à la fin de cette balade il y avait une grosse montée, pendant l'effort j'ai sentie quelque chose de bizarre que j'ai mis sur le dos de l'effort. Arrivé chez moi quelques minutes après j'ai ressenti comme une prise en étau de ma poitrine, je me suis allongé tout en continuant à discuter avec mon amie et la douleur est partie au bout de quelques minutes. L'après midi, j'ai fais de la moto en forêt ce qui ne demande pas un énorme effort mais quand même. Le lendemain au réveil je ressentait une gène dans la poitrine et le bras gauche, j'ai pris RV chez mon généraliste pour 15h. Celui-ci m'a fait un ECG qui lui semblait normal mais dans le doute m'a fait faire une prise de sang en urgence. Une heure après, direction les urgences puis angioplastie avec pose de 2 stents le lendemain sur une bifurcation de l'artère marginale. Résultat petite nécrose quasi invisible à l'écho du muscle cardiaque et coef d'expulsion normal, donc pas de séquelle grave.<br /> Ma question est la suivante, ce qui m'est arrivé correspond + si l'on regarde votre tableau à une angine de poitrine tant au niveau des circonstances que de la douleur. En revanche au niveau des conséquences, il y a quand même une nécrose (aussi minime soit elle) qui a bien d'ailleurs été confirmée par la présence de troponine.<br />  <br /> Comment peut on expliquer cela?
Répondre
O
Ce n'est pas un problème : c'est de la vulgarisation à prendre ou à laisser. Dr WO
Répondre
J
Eh bien, désolée, pas trop envie de soulever ce genre de problèmes...
Répondre
O
Ce n'est pas sûr. Dr WO
Répondre
Z
La seule avec une pathologie cardiaque..........LOL.....!!!!!!!
Répondre
O
J'ai au moins une lectrice que cela intéresse. Dr WO
Répondre
Z
Merci Doc, pour ces précisions, avec ma malformation, je reste dans les cas rares « un effort important comme le port d’une charge lourde ou lors d’une grande émotion ».....!!!! Contente de ma l'avoir confirmé, mais cela ne m'étonne pas, je ne fais jamais les choses comme les autres....LOL.....!!!!! Bizzzzzzzzzzzz ZAZA
Répondre