8. Comment peut-on distinguer l’infarctus du myocarde de l’angine de poitrine ?
L’un et l’autre étant provoqués par la privation d’oxygène et la souffrance du muscle cardiaque, ils s’expriment en effet tous deux par la douleur angineuse (angor). La différenciation est habituellement simple entre l’angine de poitrine stable et l’infarctus. Le patient atteint d’angor connaît bien son cas, les caractères de sa douleur, les circonstances qui la provoque, l’efficacité rapide de la trinitrine qu’il prend sous la langue. L’infarctus, lui, provoque une douleur inopinée, spontanée, souvent la nuit, en général plus forte, plus large, plus longue et rebelle à la trinitrine dont l’effet était habituellement miraculeux. Bien souvent la personne frappée par cette douleur intense ne possède pas de trinitrine car il n’avait jamais eu d’angine de poitrine avant : l’infarctus inaugure la maladie et trop souvent de façon fatale…A moins que cette personne ait négligé des signes avant-coureurs qui auraient permis d’éviter cette issue.
Le médecin, outre le récit du patient, possède de nombreux moyens pour distinguer les deux. L’électrocardiogramme est le plus simple lorsqu’il met en évidence la disparition de l’activité
électrique de la zone nécrosée ou des signes de souffrance lorsque l’infarctus n’est pas totalement constituée ou de petite dimension. Une simple prise de sang permet de doser des substances (en
particulier la troponine) dont le taux s’élève car elles sont libérées par les cellules myocardiques nécrosées. L’échocardiogramme permet avec les ultra-sons de juger de la contractilité de
chaque région du ventricule gauche, celle qui est mal irriguée se contracte moins ou pas du tout. Le ventricule gauche est toujours touché par l’infarctus, c’est la cavité cardiaque la plus
musclée, celle qui travaille le plus car elle propulse à forte pression le sang dans la circulation générale et ses besoins sont les plus élevés. D’autres moyens existent pour diagnostiquer un
infarctus du myocarde, comme l’emploi des isotopes radioactifs ou l’imagerie par résonnance magnétique nucléaire, mais ils ne sont habituellement pas nécessaires en période aiguë.