1. On dit que l’angine de poitrine et l’infarctus du myocarde sont provoqués par
une atteinte des coronaires. Que sont les coronaires ?
C’est le nom donné aux artères qui apportent le sang riche en oxygène dont le cœur a
besoin pour vivre et travailler (le sang s‘est enrichi en oxygène lors de son passage dans la circulation pulmonaire allant du ventricule droit à l’oreillette
gauche, la cavité cardiaque suivante - le ventricule gauche – le propulsera dans l’aorte et la circulation générale). La dénomination des artères du
cœur provient de leur disposition en couronne. Les deux coronaires, la droite et la gauche naissent de l’aorte dès la sortie du cœur, celui-ci se sert ainsi en premier. La coronaire droite
cravate le côté droit du cœur pour aller à sa face inférieure. La coronaire gauche se divise rapidement en deux branches, l’une chemine entre les deux ventricules sur la face avant du cœur
jusqu’à sa pointe : c’est l’interventriculaire antérieure (surnommée « l’artère de la mort » par les anciens auteurs, à l’époque où les possibilités de traitement étaient quasi
nulles), l’autre, la circonflexe cravate le côté gauche du cœur et partage avec la coronaire droite la vascularisation de la face inférieure du cœur.
Cette circulation coronaire a quatre faiblesses : la première est la naissance de deux artères principales par le tronc commun de la coronaire gauche – véritable « tendon d’Achille » - une lésion sur ce tronc met en péril une grande partie du cœur. La seconde est liée au fait que chacune des trois artères principales se comportent comme une artère terminale, il existe, certes, des connexions [anastomoses] entre elles mais elles sont normalement microscopiques (mais elles peuvent se développer). La troisième est liée au caractère discontinue de la circulation du sang, car le cœur en se contractant [systole] écrase ses artères et le sang ne circule bien que lorsqu’il se relâche [diastole]. La quatrième, enfin, est le prélèvement par les cellules musculaires du cœur [myocytes] d’un maximum d’oxygène lors du passage du sang, elles ne disposent donc plus de réserve à prélever lorsque le flux sanguin diminue.
2. De quelle façon les coronaires peuvent-elles être atteintes ?
Par l’athérosclérose (voir les deux articles qui lui sont consacrés). C’est leur atteinte principale et de loin. Les autres anomalies sont plutôt anecdotiques. Bien entendu, comme pour les autres artères de l’organisme, l’athérosclérose peut être absente ou minime, mais même lorsqu’elle est notable, elle n’entraîne une maladie que lorsqu’elle entrave l’apport sanguin dans une région du coeur ou lorsqu’elle se complique.
3. Lorsque les coronaires sont atteintes, le cœur ne l’est-il pas toujours ?
C’est d’abord une maladie artérielle : on parle d’insuffisance coronarienne. Le cœur peut être longtemps ou même toujours indemne, mais pour vivre et fonctionner, comme tout organe, le sang lui est indispensable. Ses besoins en sang oxygéné subissent de surcroît de grandes variations, ils sont proportionnels au travail que l’organisme exige de lui. Le volume de sang que ses deux ventricules doivent propulser par minute (environ 5 litres par minute au repos) peut être, par exemple, multiplié par 4 ou 5 lors de l’exercice musculaire. La circulation coronarienne doit être capable d’assurer les exigences du muscle cardiaque [myocarde], dans toutes ses parties et dans toutes les circonstances. Dans le cas contraire, le territoire qui dépend d’une coronaire dont le diamètre est insuffisant va souffrir [ischémie] et devoir changer sa chimie énergétique [métabolisme] pour survivre. Dans ce cas le cœur est donc atteint, mais il y a une grande différence entre une atteinte transitoire, brève et réversible laissant le cœur intact après la crise et une atteinte prolongée ou chronique aboutissant à des destructions cellulaires définitives, la maladie coronaire entraîne alors une maladie cardiaque [cardiopathie ischémique]