Dans un monde où chaque jour amène son lot de méfiance vis à vis des médicaments (la dernière cible étant le diclofénac commercialisé sous le nom de Voltarène, anti-inflammatoire non stéroïdien prescrit depuis une quarantaine d’années), l’initiative des médecins britanniques sera sûrement bien accueillie puisqu’à partir du mois de mai ils seront encouragés à prescrire…Des livres.
Cela s’appelle la bibliothérapie qui, selon une étude écossaise, ferait merveille et cadre bien avec le souci de rentabilité du service de santé britannique puisque l’inscription à une bibliothèque est gratuite ou aux frais du patient. Pour l’instant le champ visé par la bibliothérapie est le remplacement des antidépresseurs et des anxiolytiques par la lecture. Les choses sont faites sérieusement et trente titres ont en quelque sorte reçu l’AMM par l’ordre des médecins, ils seront disponibles dans toutes les bibliothèques publiques. Chacun de ces ouvrages aurait fait la preuve de son efficacité sur l’angoisse, le stress, la boulimie, les problèmes de couple et l’insomnie. Parmi les livres sélectionnés, figurent des ouvrages de développement personnel comme : « Comment vaincre vos peurs » et des romans revigorants comme : « Bridget Jones, l’âge de raison ».
J’aime la lecture et je trouve que marier médecine et livres est plutôt séduisant. Remplacer les pharmacies par des bibliothèques ouvre des horizons en troquant les rangées de boîtes par des rangées de livres, et s’il n’est pas recommandé d’essayer les boîtes, il est recommandé d’essayer les livres même sans l’aval de l’ordre des médecins. Cependant, comme pour les médicaments, une autorisation de mise sur le marché pour les livres thérapeutiques doit être soigneusement étudiée pour éviter les effets contraires, il y a pour les livres comme pour les médicaments des réactions individuelles imprévisibles. Mais en matière de bibliothérapie, contrairement à la pharmacothérapie, on pourrait sans hésiter donner cette autorisation même si l’efficacité ne dépasse pas celle de l’effet placebo. (The Daily Telegraph)