La destination de ce convoi de la liberté est-elle la Chine ? La Corée du Nord ? L'Afghanistan ?..Non, il est destiné à ne pas permettre aux autres de circuler librement pour protester contre l'atteinte à leurs libertés, et accessoirement brûler du carburant pour protester contre sa cherté. Ce qui ne veut pas dire qu'il serait inacceptable de manifester contre des mesures gouvernementales, même si elles portent sur la santé publique quand ces mesures peuvent se discuter. Si le pass sanitaire a eu une remarquable efficacité pour pousser les gens à se faire vacciner, le pass vaccinal qui entrave certainement la liberté peut se discuter sans toutefois justifier de bloquer les routes comme on le voit au Canada. Il faut se rendre à l'évidence : s'il apparait certain que la vaccination protège des formes graves, elle n'a aucunement freiné l'épidémie, et celle-ci a même pris de l'ampleur si l'on se base sur le taux de contaminations. On ne peut plus guère parler d'immunité collective comme obstacle à la circulation du virus qui apparait habituellement lorsque plus de 60% de la population ont acquis une défense immunitaire, puisque nous avons largement dépassé ce taux contre le SARS-CoV-2. Soulignons cependant qu'être contaminé ce n'est pas être malade, nous sommes tous contaminés par une armée de virus. Ce monsieur qui se prépare à protester contre la vaccination a, lui, intérêt à se faire vacciner compte tenu de son âge. Il est impératif que les personnes à risque soient vaccinées, comme on
encourage les sujets âgés à se faire vacciner contre la grippe chaque année, mais pour les autres, ceux qui ont peur de la piqûre ? Il est vrai qu'il n'est pas toujours simple de déterminer les personnes à risque ou non, même chez les sujets jeunes, et le secret médical doit être respecté. Existait-il une autre alternative que celle proposée par le gouvernement ? Cela devrait se discuter, mais il est probable que le pass vaccinal vit ses derniers jours (passé le 15 février on ne peut guère espérer la conversion à la vaccination des récalcitrants), alors pourquoi vouloir bloquer les routes ? Raisons politiques plutôt que sanitaires ? Les élections présidentielles sont dans deux mois, et notons que si ces manifestants motorisés ne veulent pas la réélection d'Emmanuel Macron, ils risquent en créant du désordre de la favoriser.