Je constate dans les médias beaucoup d’enthousiasme pour l’adoption généralisée d’un pass sanitaire pour accéder à toutes les distractions (notamment les boîtes de nuit), manifestations et voyages. Ce pass étant basé sur la preuve de la vaccination ou la négativité d’un test de dépistage du virus récent. Pour ce qui concerne la vaccination, on peut espérer être peu contaminant et être protégé, au moins des formes graves, si bien que le virus (dans les mutations que nous connaissons) a peu de chances de se répandre lorsque toutes les personnes en contact sont vaccinées. Par contre, ce qui m’a toujours paru un pari osé est la confiance donnée aux tests de dépistage, même lorsqu’il s’agit du meilleur, c’est à dire le RT-PCR (Real Time reverse transcriptase Polymerase Chain Reaction). Indépendamment de toute fraude, la négativité d’un test récent ne permet pas d’affirmer l’absence du virus dans les voies aériennes supérieures puisqu’il existe une petite proportion connue de faux négatifs (en dehors des erreurs possibles au laboratoire) : d’abord parce que le prélèvement, surtout s’il est mal fait, peut ne pas avoir prélevé une zone infectée, ensuite parce que le virus peut être peu décelable pendant la période d’incubation qui dure plusieurs jours. Je pense donc si la négativité d’un test est une bonne chose, il ne peut pas assurer la protection absolue des autres lorsque les gestes barrières sont abandonnés. Ce qui s’est récemment passé aux Pays-Bas vient illustrer mes doutes : dans la nuit du 3 au 4 juillet, 600 personnes ayant tous présenté un test de dépistage négatif à l’entrée ont recherché la chaleur humaine sur la piste de danse. Sur ces 600 noctambules, 165 ont été testés positifs au SARS-CoV-2 par la suite.