J’ai pensé à ce film après l’expédition d’une escouade judiciaire qui s'est livrée à une perquisition du bureau de Dupond-Moretti au ministère de la Justice, le 1er juillet, afin de mettre en examen leur ministre de tutelle, cherchant à le placer dans la position de coupable, peut-être pour s’en débarrasser et le secret désir de choisir un Garde des sceaux à leur convenance, alors qu’il fut apparemment victime d’écoutes téléphoniques litigieuses dans son activité précédente d’avocat. Une perquisition de 15 heures car il a fallu percer deux coffres-forts dont l’un était masqué et dont on ignorait l’existence, car personne n’avait leurs clefs, pour constater qu’ils étaient vides, sans la moindre nourriture pour consoler les pandores et les serruriers appelés à la rescousse. Le casse serait cocasse s’il ne s’agissait pas de l’institution judiciaire qui devrait rester au-dessus de tout soupçon et dont on attend la plus grande objectivité et la plus grande rigueur. Depuis le « mur des cons » sur lequel des magistrats avaient étalé sans vergogne leur subjectivité et leurs opinions politiques, on a l’impression que certains juges ne jugent pas, mais militent ou se vengent. Cette aventure un tantinet burlesque qui n’a pas soulevé de grandes vagues est tout de même un indice fâcheux de la déliquescence de nos institutions. Si personne n’est au-dessus des lois, il serait souhaitable que personne ne soit au-dessous des caprices judiciaires au point de ne pas s’en relever même si l'on est innocent. Illustration : Sébastien Schmitt : «Justice »