Pour ma part, je trouve correct que toutes les femmes puissent accéder à
cette technique médicale sans se rendre à l’étranger pour la faire réaliser à titre onéreux. Le seul inconvénient, qui semble de moins en moins gêner la société, étant la disparition du père, un mâle réduit à l’état de porteur plus ou moins anonyme de sperme, liquide externalisé qui risque de devenir de plus en plus rare en raison de l’accroissement de la demande et d’une certaine réticence des donneurs devant la levée possible de l’anonymat.
La procréation médicalement assistée était jusqu’à présent réservée aux couples hétérosexuels infertiles, une infertilité pathologique qui pouvait être éventuellement résolue par une des techniques médicales adaptée à la cause de l’infertilité. La PMA est également utilisée pour éviter la transmission d’une maladie génétique portée par l’un des partenaires.
Là où la loi votée devient homophobe, c’est par la prise en charge par l’Assurance-Maladie des frais de la PMA appliquée aux femmes seules ou aux couples lesbiens dont chaque individu est fertile, mais devenant infertiles ensemble par convenance, une prise en charge identique à celle des couples hétérosexuels pathologiquement infertiles. Alors que le droit à l’enfant n’existe pas encore, cela implique que le Parlement considère que l’homosexualité est une maladie, ce qu’elle n’est pas. La logique aurait voulu pour respecter les lesbiennes que l’accès à la PMA soit pour elles payant comme elle l’est à l’étranger. Je pense qu’elles préfèrent davantage disposer de sperme gratuit, sans interférence paternelle, que du respect dont elles ne manquent plus. (Voir également 219). Illustration : Courbet : "Le Sommeil"