Cette hygiène simple, dont on fait aujourd’hui la promotion à juste titre, serait capable dans les temps ordinaires de prévenir chaque année « la moitié de 1,5 million de cas de diarrhée chez l’enfant et d’infections respiratoires aiguës dans les pays (toujours) en développement. Dans les pays développés, la prévention serait particulièrement efficace pendant les saisons grippales ». Son intérêt en ce moment est encore plus grand car on observe que bien que les Français paraissent disciplinés en portant le masque et en suivant la distanciation, si l’on excepte les accros de la fête à tout prix, la contamination persiste, ce qui laisse penser qu’elle est aérienne mais aussi manuportée par l’intermédiaire des surfaces. Le gel hydro-alcoolique (béni soit son inventeur, le médecin suisse Didier Pittet) coule pourtant à flots et son flacon est porté sur soi comme un talisman, mais peut-être que le savon (supérieur au gel) n’est pas assez utilisé. A l’opposé, le risque est de verser dans le trouble obsessionnel compulsif qui conduit à se laver les mains plusieurs dizaines de fois par jour, et la distanciation physique imposée pourrait conduire à l’obsession sociale avec la peur de devoir être en contact avec des gens, des objets ou des lieux considérés comme "sales". Quand je dis que pour lutter contre le coronavirus il faut se mouiller, la Chine nous montre que cela peut aller jusqu’à se mouiller la culotte. On peut aisément imaginer que les toilettes des avions particulièrement exiguës, et à l’atmosphère lourde, sont des lieux idéaux pour la prolifération des virus et des microbes qui doivent y apprécier l’ambiance, les activités qui s’y déroulent, et sa
fréquentation diversifiée. Les autorités chinoises, ayant l’esprit pratique et aucune inhibition, pour limiter les passages aux toilettes, et donc les risques de contamination, ont recommandé le port de couches jetables pour le personnel navigant (Huffpost). Cette recommandation ne s’applique toutefois qu’aux vols depuis et vers les pays à haut risque. J’ajoute qu’il doit sans doute être fortement recommandé de ne pas sucer son pouce. Le personnel de bord est en outre invité à porter des “masques médicaux, gants médicaux jetables à deux épaisseurs, lunettes de protection, charlottes jetables, combinaisons jetables et surchaussures jetables”. Il est certain qu’ainsi accoutrées les hôtesses de l’air doivent être stériles mais moins séduisantes. Illustration Albrecht Altdorfer : « Pilate se lave les mains » (Détail)