Elle est accusée d’injure raciale et d’islamophobie (qui devrait être permise comme le droit de critiquer toute religion, celle-ci n’ayant rien à voir avec la « race »), et curieusement pas de judéophobie, mais, semble-t-il, d'antisémitisme, ce qui serait idiot. Beaucoup trop de musulmans se conduisent comme des victimes irascibles et insensibles à l’humour. Je suppose que les Juifs pratiquants, certifiés victimes héréditaires, mais avec un certificat dont ils aimeraient se passer, ont dû plutôt rire de la sortie imagée de cette prof. de fac, du moins je l’espère car ils manient plutôt bien l’autodérision.
La première question qui se pose : la religion peut-elle être sexuellement transmissible ? Il est incontestable que l’on nait musulman si le père est musulman (ce qui implique le postulat de la fidélité de l’épouse), on est musulman à vie, et quitter l’islam c’est être considéré comme un apostat menacé de mort. En islam l’acte sexuel transmet la religion quelle que soit l’ethnie, arabe, indienne, africaine, turque, perse, indonésienne etc…C’est donc bien une transmission sexuelle d'une idéologie attachée à XY. Pour les Juifs, c’est différent. La judéité est transmise par la mère, mais le judaïsme n’est pas imposé par cette transmission, il y a plus de Juifs ne pratiquant pas le judaïsme que de Juifs qui le pratiquent, et il est en général simple, en suivant sa liberté de conscience, de ne pas y entrer ou d’en sortir. Le judaïsme à la naissance est une option, la judéité est une histoire. N’en manquant pas une, la ligue des droits de l’Homme (contrairement à la LICRA en désaccord) s’est saisie de cette minuscule affaire et l’a gonflée en rejoignant le flux des imbéciles en réseau, en leur donnant raison puisqu’elle a porté plainte contre cette prof. de fac, sous le prétexte qu’en parlant de transmission sexuelle elle aurait assimilé la religion – notamment musulmane – à une maladie, et selon Michel Tubiana, les fidèles seraient ainsi contaminés et contaminants (on pourrait lui opposer que le prosélytisme forcé n’est pas loin d’une contamination).
La seconde question que l’on peut donc se poser : la religion est-elle une maladie ? Est-ce que croire à une fiction ou à une légende est une maladie ? Non, c’est un rêve. C’est un rêve d’immortalité, une consolation, une aide à vivre sa finitude. Mais la religion peut devenir une maladie proche de la psychose lorsqu’elle devient fanatique et meurtrière.
La dernière question qui se pose : sommes-nous devenus fous ? Car cette prof. de fac a fait un cours, elle a utilisé une formule imagée pour marquer les esprits, cela fait partie de la pédagogie, et voilà qu’elle est menacée de mort par des demeurés, mais, comble du délire, la ligue des droits de l’Homme, qui a priori n’est pas dirigée par des débiles, s’offusque, et de quel droit, justement, s’en mêle-t-elle ? La liberté d’expression ne fait-elle pas partie des droits de l’Homme ? Et on a le droit de dire que la religion est une maladie même si c’est discutable, et ce n’est pas, à ma connaissance, ce que cette enseignante a pu dire. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire pour injures publiques en raison d'appartenance à des religions et l'enseignante de droit a été auditionnée ce mardi par la police d’Aix-en-Provence en présence de son avocat. Si la religion peut être un rêve, la réalité devient proche du cauchemar.