L’article précédent a suscité beaucoup de commentaires dont le fil est malheureusement difficile à suivre en raison de leur disposition imposée par cette plateforme. Commentaires à propos d’une estimation du nombre de meurtres attribués à l’ultra-droite (quand il s’agit de groupuscules) et à l’extrême-droite lorsqu’il s’agit d’actes individuels ou de la même façon à l’ultragauche et à l’extrême gauche. Pour simplifier, appelons ces idéologies hyper-droite et hyper-gauche.
Pour ce qui concerne les meurtres attribués à l’hyper-droite, la tendance de ceux qui contestent cette attribution est d’en ranger un certain nombre dans les faits divers comme une querelle de voisinage. Pourtant le principal critère d’attribution à l’hyper-droite est la haine manifestée contre la victime parce qu’elle appartient à un groupe humain rejeté par le meurtrier, qu’il s’agisse de son appartenance à une ethnie ou à une religion. Cette haine ayant pu s’exprimer auparavant dans des discours, des menaces ou des symboles comme ceux du nazisme. Si l’on tue son voisin en le traitant de sale nègre ou de sale bicot, on n’est plus dans une simple querelle de voisinage sur le plan juridique, comme on ne parle plus de simple rixe de rue quand un individu tue un passant en criant qu’Allah est grand.
La marque de l’hyper-droite est donc la xénophobie, le racisme ou la haine des musulmans. Quant à l’antisémitisme, il est aussi bien l’apanage de l’hyper-droite que de l’hyper-gauche, cette dernière parlant plutôt, par pudeur, d’antisionisme. L’obsession antijuive est la chose du monde la mieux partagée.
Sur quels critères peut-on attribuer un meurtre à l’hyper-gauche ? L’hyper-gauche, quand ses actions vont jusqu’au meurtre, se définit essentiellement par son opposition à l’hyper-droite et de nos jours sous l’appellation « d’antifa » en formant des groupuscules qui utilisent les mêmes méthodes que les groupuscules qu’ils combattent. Autrement dit, aujourd’hui, je n’ai pas connaissance de meurtre au niveau individuel au nom de l’hyper-gauche comme le meurtre d’un voisin, même s’il y a eu dans le passé des meurtres symboliques d’individus représentant, par exemple, le capitalisme.
On voit que, par essence, les meurtres que l’on peut attribuer à l’hyper-droite sont plus nombreux que ceux que l’on peut attribuer à l’hyper-gauche car, pour l’instant, l’hyper-droite tue davantage au niveau individuel que dans les affrontements entre groupuscules idéologiques. Mais on ne peut pas exclure qu'un jour nous n'aurons pas des meurtres entre voisins au cri de sale fasciste ou de sale blanc. Pour sale sioniste, c'est déjà le cas.