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De ma fenêtre, j’ai vu passer aujourd’hui des manifestants. Je ne sais toujours pas pourquoi ils manifestaient. Un individu apparemment normalement constitué s’égosillait dans un porte-voix en criant des slogans dont je ne comprenais pas un traître mot, des slogans pourtant repris avec une application scolaire par ceux qui défilaient. Je n’ai rien contre l’exercice physique, mais j’ai trouvé cette marche sous mes fenêtres un peu trop bruyante et plutôt énigmatique.
Je savais qu’à Lyon on rendait hommage au jeune « nationaliste », Quentin Delanque que des « antifa » avaient tué à coups de pied dans la tête (du moins, je le suppose), devenu un héros par sa mort pour lequel les manifestants réclamaient « justice pour Quentin » comme si la police et la justice ne s’étaient pas activées dès sa mort pour découvrir et juger ceux qui l’avaient tué.
J’ai donc pensé que les manifestants qui défilaient sous mes fenêtres étaient motivés par la même colère que ceux de Lyon. J’ai compris mon erreur en fin de cortège en voyant deux sortes de drapeaux : l’un portant le sigle du NPA, le nouveau parti anticapitaliste, qui, bien que nouveau, sent vraiment la naphtaline et on se demande pourquoi ces fossiles (ne pas confondre avec faucilles) défilaient en répétant des slogans inaudibles puisque c’était leurs cousins qui s’étaient illustrés dans la violence. Peut-être était-ce une contre-manifestation à distance (ce qui est préférable) de la manifestation lyonnaise, contre le fascisme devenu le bouc émissaire de la vacuité idéologique d’une gauche en perdition.
Devinez quel était le second drapeau ? Un drapeau palestinien, évidemment.
Illustration : Caillebotte (détail)