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Après le lynchage mortel du jeune nationaliste Quentin Delanque, nombre de journalistes veulent marquer l’importance de l’évènement qu’ils relatent en utilisant l’inusable formule avant/après. Il y aura un avant et un après l’évènement, ce que personne ne conteste. Il est difficile de revenir en arrière, le temps n’allant que dans un seul sens (croyez bien que je le regrette), il y a toujours un avant et après à chaque évènement aussi minuscule soit-il. Bien sûr, je fais preuve de mauvaise foi, les journalistes veulent dire que l’évènement a une telle importance qu’il marque une frontière et que cet évènement changera l’avenir.
Il y a bien sûr des évènements qui ont changé le cours de l’histoire, notamment ceux qui ont été à l ‘origine d’une guerre. Mais il est peu probable – je parle de probabilité, car on ne sait jamais – que la mort de ce jeune homme change quoi que soit et le avant/après me semble grandiloquent et destiné à faire un mousser l’article.
Le politologue Xavier Crettiez a rappelé sur Arte que, depuis 40 ans, outre les morts causés par les islamistes et les séparatistes, 53 personnes sont décédées lors de violences idéologiques, dont 5 seraient du fait de l'ultra-gauche et 48 de l'ultra-droite. En assurant que "Les violences sont moins fortes que dans les années 1960 et les années 1930". Toutes ces morts n’ont pas changé grand-chose dans le cours de l’histoire de la France et il est probable qu’il en sera de même pour la mort du jeune Quentin.
Salvador Dali « La persistance de la mémoire »