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Pendant de nombreuses années, Cuba a exporté ses médecins contre rémunération, la France importe des malades pour les soigner gratuitement.
« Dans une décision discrètement publiée ce 2 février, le Conseil d’État a choisi d’élargir un peu plus la doctrine d’accueil française, en estimant qu’un réfugié, reconnu en Grèce, pouvait tout de même demander en France un titre de séjour pour raison médicale ».
Une personne originaire de la République démocratique du Congo avait déjà obtenu le statut de réfugié en Grèce et souffre « d’un stress post-traumatique associé à un état dépressif sévère avec des risques suicidaires ». Cette personne, sans doute insatisfaite des soins prodigués par les Grecs (ou de leur coût), a sollicité un titre de séjour en France pour y être traité. On ne peut que se réjouir de la confiance de ce Congolais en la médecine française, à la fois efficace et gratuite, pour une pathologie dont le diagnostic n’est basé que sur l’interrogatoire et les réponses du patient (loin de moi d’en contester la réalité, d’autant plus que les causes pour avoir un stress post-traumatique ne manquent pas dans cette démocratie du Congo dont il s’est échappé).
En mai 2023 le préfet de la Gironde lui avait refusé la délivrance d’un titre de séjour, assortissant sa décision d’une obligation de quitter le territoire français estimant qu’il pouvait être très bien traité en Grèce où il avait été accueilli. Mais « l’arrêté du préfet est cassé, et la cour administrative d’appel de Bordeaux enjoint au préfet de la Gironde de réexaminer la demande ». Le ministère de l’Intérieur porte alors l’affaire devant le Conseil d’État, et la haute juridiction, ce 2 février, lui donne tort, ce qui veut dire, en fait, que le Conseil d’Etat estime que les médecins grecs sont des nuls, incapables de prendre correctement en charge le Congolais dépressif.
On peut donc en conclure que tout réfugié admis dans un pays européen pourra venir en France se faire soigner s’il estime qu’il est moins onéreux de le faire en France, puisque les soins y sont gratuits, que dans le pays dans lequel il séjourne.
La dette de l’assurance maladie était en juin 2025 de près de 14 milliards €. Pourquoi ne pas demander aux Conseillers d’Etat une participation pour la rembourser ? Ce ne serait que justice. Vous me direz justement qu’il ne faut pas mélanger la justice et l’économie, mais est-il juste de faire payer le contribuable pour soigner la dépression d’un Congolais qui a d’abord été voir les Grecs. La France reste heureusement un Etat de droit, mais de plus en plus pauvre, et il arrivera un jour où elle n’aura plus les moyens de payer ses juges ou d’en avoir suffisamment pour traiter des affaires de ce type.
Illustration : Gustave Moreau 'Le Bon Samaritain"