Parmi les 44 propositions du plan pour lutter contre les discriminations et améliorer l’intégration des minorités, il s’en trouve une qui consisterait à mettre en place des opérations de « testing » auprès des médecins, dentistes ou opticiens afin de dévoiler les éventuels refus de soins motivés par l’origine.
La réaction d’un syndicat médical (UFLM) ne s’est pas fait attendre : « Après les médecins cupides, nantis, responsables des déserts médicaux, dynamiteurs de l’accès aux soins, fuyant les gardes, prescrivant trop (…) voici donc l’ultime insulte, l’ultime mépris : le médecin raciste »
S’il existe peut-être des médecins racistes, pour ma part je n’ai jamais rencontré un médecin qui refuserait de donner ses soins à un patient en raison de ses origines, et cela m’étonnerait qu’il y en ait.
S’il y a problème, il est ailleurs. Les immigrés ou les étrangers en France ont souvent de faibles revenus, et ils bénéficient (comme les Français dans la même situation) de soins gratuits par le biais de la CMU (Couverture médicale universelle) ou de l’AME (Aide médicale d’Etat) pour les étrangers. Certains médecins se font tirer l’oreille pour recevoir ces bénéficiaires car ils attendent longtemps avant que leur travail soit rémunéré et pour ceux qui dépassent le tarif de l’Assurance maladie, le dépassement, lui, n’est pas pris en compte.
A cette question de gros sous peut s’ajouter une certaine mauvaise humeur en voyant parfois les abus de cette gratuité. Pour ma part, j’ai connu des patients à la CMU qui venaient me consulter sans raison particulière. Un de mes confrères a eu l’occasion de soigner un patient qui bénéficiait de l’AME, il s’agissait d’un ancien ministre d’un pays africain qui lui demandait par la même occasion des conseils pour l’achat d’une maison au Perreux. Ce sont des cas particuliers qu’il serait stupide de généraliser. Mais on peut être heurté lorsque des bénéficiaires de l’AME se font refaire leur denture aux frais de la société, alors que beaucoup de citoyens n’ont pas de quoi se faire soigner correctement les dents.
Les refus de soins existent, mais ils sont rares (déontologie oblige et la grande majorité des médecins la respecte) et n’ont rien à voir avec un quelconque « racisme » que le gouvernement actuel semble accommoder à toutes les sauces, en l’occurrence, ici, pour « stigmatiser » les médecins, puisque le mot à est la mode.