Saluons d’abord la performance du président de la République capable de parler aussi longuement en distanciel alors que le virus de la CoVid-19 qui s'est permis de s'insinuer dans sa personne est connu pour provoquer une grande fatigue. On pouvait même espérer que le chef de l’Etat se dispenserait de faire de long discours comme il a l’habitude d’en faire. Si l’on ne peut pas lui reprocher de se livrer, avec une certaine hauteur, à une analyse de la société française en pointant notamment une crise de l’autorité à tous les niveaux, on peut se poser la question de sa pertinence étant juge et partie, il a tout de même une certaine responsabilité dans le constat lucide qu’il a exposé. Promoteur du « en même temps » dans le but de concilier des partis opposés, ses déclarations finissent par se contredire et le « en même temps » finit par conduire nulle part en mécontentant tout le monde. C’est l’écueil des positions centrales, à force de vouloir contenter tout le monde, on ne satisfait personne. Pour être dans le vent qui souffle des USA il a parlé du « privilège blanc ». Depuis que l’on a démontré que les races humaines n’existent pas, on parle de plus en plus de la couleur de la peau comme d'une marque raciale en utilisant le terme de "racisé". Macron fait le constat qu’en France il est plus facile de se loger ou de trouver du travail quand on est blanc. C’est parfois vrai mais est-ce un privilège lié à la « blanchitude » ? N’est-ce pas lié à la structure sociale dans laquelle on vit ? Le privilège est celui d’appartenir à la majorité d’un pays. Un blanc en Afrique noire sera plutôt vu d’un mauvais oeil comme un ancien colonialiste, et en Asie la « blanchitude » serait plutôt un désavantage. Quoi qu’il en soit j’espère que cette interview (qui aura, je crois un prolongement) n’a pas trop épuisé le chef de l’Etat, et je lui souhaite de bien se rétablir surtout après les acrobaties auxquelles il se livre. Quant aux critiques lui reprochant d’avoir attrapé la covid-19, je les trouve déplacées, pour ne pas dire stupides, car on a pu constater que l’exercice du pouvoir avec la nécessité d’être en contact avec beaucoup de monde expose à attraper la maladie malgré les précautions prises en raison de la multiplicité des situations à risque. J'ajoute que pour moi, un malade n'est jamais coupable.