Aux informations de la mi-journée sur LCI j’ai télé-assisté à la conversation entre la présentatrice et un hydrologue. Ce dernier était interviewé à propos du niveau très bas des eaux de la Loire. Cette interview venant après celles d’habitants des bords du fleuve qui n’avaient jamais vu la Loire aussi basse. L’hydrologue, lui, n’était pas de cet avis. Certes, disait-il, la Loire est basse mais elle l’était davantage en 1949 et à d’autres dates qu’il a citées. Cette réponse ne convenait manifestement pas à la présentatrice car les journalistes, et notamment ceux de la TV, ont le goût des records. La dame, comme tous ses congénères, aiment avant tout être le messager de l’exceptionnel ou encore mieux de la catastrophe. Je suppose que pour eux un summum particulièrement jouissif serait d’annoncer la fin du monde. Mais la présentatrice ne s’est pas tenue pour battue, elle a relancé l’hydrologue en prévoyant l’assèchement total de la Loire transformée en voie terrestre. Mais l’hydrologue fut décevant en soulignant que cette impression est liée au fait que la Loire a un lit très large, et que par ailleurs il existe en amont des barrages susceptibles d’alimenter le fleuve. Sentant qu’il n’avait pas répondu aux attentes pro-catastrophiques de la présentatrice, l’hydrologue a tempéré son optimisme relatif fort déplaisant en ajoutant pour se faire réinviter : « bien sûr, s’il ne pleut pas… »