Le Président de la République a annoncé lors de son allocution qu’un « collectif de citoyens » sera créé pour participer à l’élaboration de la campagne de vaccination future prévue dans quelques semaines sans connaître, du moins je le pense, les résultats définitifs des essais vaccinaux sur les volontaires, et sans préciser les vaccins retenus dont les fabricants vont ses presser sur le marché sans respecter les distanciations sociales. Les ministères, les comités scientifiques, les institutions, les agences et autres autorités, comme les municipalités, habilités à organiser cette campagne n’étant pas suffisantes, si ce n’est pour se prendre les pieds dans le tapis ou faire un croche-pied à une administration concurrente, Emmanuel Macron nous offre pour les fêtes de fin d’année un « collectif citoyen » destiné à être mis en boîte avec un joli ruban tricolore. Notre président vertical est coutumier du fait, nous avons déjà eu comme cadeau le « Grand débat », je ne sais même pas s’il a accouché d’une souris, et la « Convention citoyenne pour le climat » qui, elle, a accouché de multiples mesures d’autant plus étonnantes que ces citoyens réunis n’avaient aucune expertise dans le domaine et dans le cas contraire, ils n’auraient pas été représentatifs de la population. On se demande donc à quoi pourra bien servir ce « collectif de citoyens » destiné sans doute à renforcer la confiance de la population dans la vaccination mais qui pourrait être aussi bien colonisé par les « antivax. Ce collectif est censé intervenir dans un domaine scientifique où les scientifiques eux-mêmes se posent des questions : quel vaccin ? Sera-t-il efficace ? Pour combien de temps ? Protègera-t-il uniquement le vacciné ou également les autres ? Sera-t-il bien toléré ? Demander aux citoyens leur avis n’a ici aucun intérêt. Ce n’est qu’une tartufferie supplémentaire. Pourquoi ne pas réunir un collectif pour décider une fois pour toutes ce que chacun peut vérifier lui-même, que la Terre est plate et que le Soleil tourne autour, contrairement aux élucubrations avancées par des savants fous. Bien sûr, il y a des domaines où demander l’avis des citoyens serait souhaitable et même nécessaire, mais c’est justement là où on ne leur demande rien. Des domaines où leur avis devrait compter : en éthique, en politique, sur l’environnement qui les touche de près. Les maires des grandes villes (et notamment de Paris) demandent-ils fréquemment leur avis à leurs administrés avant de prendre des décisions qui touchent leur vie quotidienne ?