La couverture du dernier Marianne titre : VACCIN. Une simple histoire de fric ? Poser la question c’est aussi y répondre : le vaccin ne serait qu’une simple histoire de fric, et utiliser le terme "simple", c’est aussi suggérer qu’il n’y a rien d’autre. Le magazine rejoint ainsi les conspirationnistes et anti-vaccins pour qui les vaccins sont inutiles, voire dangereux imposés par le fameux Big Pharma avec la complicité des gouvernements afin de s’engraisser en faisant courir des risques à la population (en passant sous silence que certains laboratoires envisagent de vendre le vaccin à prix coûtant). La malhonnêteté journalistique vient du fait que la série d’articles consacrés au futur vaccin contre le SARS-Cov-2 n’est pas du tout « antivax » mais pose au contraire la question de la méfiance préjudiciable des Français à l’égard des vaccins et que le magazine vient justement renforcer par son titre accrocheur ; les gens n’iront pas forcément acheter et lire le magazine, ce titre leur suffira pour se faire une opinion. Bien sûr, si le vaccin n’est pas « une simple histoire de fric », sans fric il n’y aurait pas de vaccin. Les laboratoires ont été amenés à investir beaucoup d’argent pour la recherche, les expérimentations et la fabrication, pourquoi un certain public trouve-t-il anormal qu’ils puissent le récupérer et même tirer des bénéfices de leur savoir-faire qui a permis de sortir des vaccins en un temps record ? Mais le paradoxe est que cette efficacité et cette rapidité deviennent elles-mêmes suspectes