Egon Schiele : "Le danseur"
LIBERATION
Il avait bu, lui qui ne buvait jamais
La face cramoisie levée vers les cieux
Les bras tendus vers l’espoir, il criait
Et pleurait et riait les larmes aux yeux
Il tournait et dansait et titubait sur un pas maladroit
Les spectateurs bienveillants soutenaient sa danse
Le funambule déséquilibré, saoul d’alcool et de joie
Passait de l’un à l’autre pour embrasser l’assistance
Il finit par tomber de tout son long, épuisé
Resta le dos à terre, les bras en croix
Poitrine haletante, ne pouvant plus crier
De sa voix cassée, il répétait pour lui :
« On est libéré, les Américains ont débarqué….
Les Américains ont débarqué, c’est fini… »
Paul Obraska