Etant en convalescence, une infirmière est venue à domicile me faire un prélèvement sanguin. Une jeune femme charmante avec un anneau dans la cloison nasale à la manière de l’anneau nasal des bovins. Pendant les préparatifs de la saignée et même pendant celle-ci, l’infirmière (par ailleurs habile) s’est battue avec une goutte qui lui pendait au nez, heureusement retenue par l’anneau et dont l’intérêt m’est alors apparu. Elle a fini par se moucher, je ne lui ai pas demandé si cette manoeuvre était douloureuse. Le piercing ne doit pas être sans inconvénient. Libération (13/04/24) a donné la parole à un adepte de la « guiche » dont j’ignorais jusqu’à présent la signification, j’ai donc appris qu’il s’agissait d’un piercing du périnée entre les bourses et l’anus. L’adepte, quant à lui, trouvait cette guiche sublime car il en appréciait l’intimité, et regrettait de devoir la retirer pour faire du vélo. Le reportage ne précisait pas si cet adepte avait essayé de pédaler en « danseuse », la guiche lui aurait alors peut-être provoqué des sensations intimes en se balançant. J’ai vu apparaître la mode du piercing, celle des tatouages, celle des jeans troués aux genoux. Je pensais que ces modes bizarres disparaîtraient avec le temps. J’ai tout faux, les jeunes gens tiennent à s’enlaidir et à se déprécier. Illustration Picasso : « Tête d’homme barbu »