Le langage, et notamment celui des politiques, subit depuis des années une invasion des « EN ». Le tableau ci-contre tiré du Point du 18/04/24 en donne quelques exemples. On pourrait en ajouter bien d’autres. Il y a quelques heures, lors de l’intervention de la BRI à l’ambassade d’Iran, j’ai entendu un expert en sécurité déclarer que la BRI était peut-être "EN capacité" de faire ceci ou cela. Bien sûr, la personne handicapée n’existe pas, elle est « EN situation d’handicap », sous-entendant ainsi que ce n’est pas la personne qui est handicapée, mais la situation et que celle-ci pourrait être provisoire. Ce langage envahi par les « EN » est un langage d’évitement : il s’agit souvent de préserver l’acteur de la situation où il est engagé en minimisant son implication par éloignement sémantique. Être « EN capacité d’un acte », n’exclut pas l’incapacité de le réaliser, autrement dit de ne pas être capable, « être EN responsabilité » évite de dire que l’acteur est directement responsable de l’action à mener et qu’il aura des comptes à rendre. Je trouve que le ridicule est atteint avec le « le Valérie Pécresse est présente EN proximité avec les Français », pas trop proche tout de même, et la perle de l’évitement est décernée à Anne Hidalgo pour le « EN situation de rue ».