Je ne suis jamais allé en Arabie Saoudite. J’aurais pu. A la fin de mon internat, un Saoudien qui faisait ses études en France m’avait proposé de m’installer dans son pays à des conditions plutôt flatteuses. Mais je ne me voyais guère vivre (et mon épouse encore moins) dans un pays où les femmes zombies déambulent dans l’espace public comme des fantômes noirs en me privant par leur accoutrement du spectacle de la part la plus belle de l’humanité.
Je ne me voyais pas dans un pays où le pénis ou la vulve détermine la part de liberté attribuée à chacun, en soulevant le problème constitutionnel posé par l’homosexualité qui introduit incontestablement un désordre par la façon illégale de s’en servir. Problème que l’on peut cependant résoudre par l’absurde en décrétant qu’elle n’existe pas.
Bien que le cinéma, la musique, l’alcool ou la drague, entre autres, sont officiellement interdits pour les Saoudiens en Arabie (mais apparemment pas quand ils séjournent dans un pays mécréant), la pétromonarchie a le sens de la fête et du gain (ce qui prouve qu’elle à la fois du pétrole et des idées). Elle a en effet le projet de créer près de Riyad une ville immense (trois fois la superficie de Paris) uniquement consacrée au divertissement et dont les travaux débuteront en 2018. "la plus grande ville culturelle, sportive et de divertissement du royaume", a affirmé le ministre de la Défense (de rire).
Bien sûr, il est prévu un gigantesque parc d’attractions, mais il n’est pas précisé si parmi ces attractions figureront les lapidations, les séances de flagellations et les exécutions capitales qui attirent habituellement du monde.
Dessin paru dans le Canard enchaîné