Comme chacun le sait, François Fillon après les primaires de la droite avait toutes les chances de devenir le prochain Président de la République. Peut-être le sera-t-il car les pronostics sont aujourd’hui des plus incertains, mais il semble le moins bien placé du quarteron de tête.
Comme chacun le sait, ses chances ont été compromises par les articles du Canard enchaîné qui ont révélé au public stupéfait un personnage inattendu (pour lui) à la fois hypocrite, menteur et grippe-sou. Quelles que soient ses sources, le journal satirique a fait son travail puisque les faits paraissent exacts et reconnus par l’intéressé lui-même, mais sans que leur illégalité soit encore formellement établie. Les partisans de Fillon ont beau cracher sur la presse, celle-ci n’a fait qu’utiliser la liberté fondamentale qui lui est reconnue dans une démocratie.
Cependant, les révélations du Canard enchaîné ont bouleversé la donne électorale si bien qu’une de leurs conséquences possibles est une configuration inédite du second tour qui verrait s’affronter deux candidats extrémistes : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Bien que l’un et l’autre ne se présentent pas comme tel, et on comprend pourquoi, mais leurs programmes ont beaucoup de points communs qui ne sont pas faits pour rassurer.
Les partis extrémistes ont toujours eu tendance une fois arrivés au pouvoir, surtout lorsqu’ils prétendent parler au nom du peuple - ce qui est évidemment le cas pour nos deux révolutionnaires - à limiter la liberté de la presse, toujours dans l’intérêt du peuple, chacun ayant le sien.
Ainsi, dans ce cas de figure, la liberté de la presse utilisée à juste titre en amont, risquerait d’aboutir paradoxalement à sa limitation en aval.
NB. Le titre de ce billet est une paraphrase du slogan du Canard enchaîné: « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas»