N’étant pas un citoyen modèle, j’évite d’écouter les candidats qui passent actuellement à la télévision en disposant de leur temps de parole identique pour chacun d’entre eux pendant lequel ils peuvent exposer leur vision de l’avenir pour la France, et ce qu’ils comptent faire une fois arrivés au pouvoir. En fait, ils s'attachent surtout à détruire les autres et l'existant plutôt qu'à construire l'avenir. On sait à peu près les objectifs théoriques des « grands » candidats, mais j’avoue que je n’avais jamais écouté les « petits ». J’ai eu tort car le rire se fait rare. Par inadvertance, j’ai pu assister à la prestation de Lassale, de Dupont-Aignan et surtout de Nathalie Arthaud éternellement communiste révolutionnaire devant l’Eternel au parti de « Lutte ouvrière ». Personne ne l’a averti que l’on a changé de siècle, que le communisme sous toutes ses formes a fait le malheur des peuples et a provoqué plus de morts que les guerres. Personne ne l’a averti que les ouvriers n’occupent même pas 20% des emplois en France. Bref, que la société a changé depuis Trotski. Alors, comme dans un rêve (ou un cauchemar) je l’ai entendu déverser sa logomachie sur les journalistes en décrivant un monde binaire où il suffirait de supprimer le capitalisme et les spéculateurs pour que tout aille bien, y compris le climat, mais sans trop s’attarder sur ce qu’elle envisage de mettre à la place et comment le faire. J’avoue qu’elle m’a fait un peu pitié d’être autant à côté de ses pompes. Non pas que ce qu’elle dit soit entièrement faux : le capitalisme a bien des défauts, les spéculateurs et les profiteurs existent bien, mais le monde qu’elle envisagerait pour les remplacer serait incontestablement pire. On a déjà donné. Illustration : Dali : « Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano.