Ce matin, Emmanuel Macron regarda Brigitte sous son masque rajeunissant et lui dit : « Pourquoi me suis-je foutu dans ce merdier ? ». Brigitte ne lui répondit pas pour ne pas rider son masque. Manu prit soudain conscience que sa vie était auparavant confortable alors que depuis cinq ans il allait d’un emmerdement à un autre et qu’en plus il était détesté par les deux tiers de la population jusqu’à le traiter d’assassin et vouloir le décapiter après l’avoir giflé en public. Les Français avaient d’abord enfilé les manifestations de mécontentement les unes après les autres, en étant régulièrement touchés par la fièvre du samedi où l’on vit danser ensemble des participants costumés, les uns en jaune, les autres en noir au milieu des feux de joie. Vint cette épidémie qui paralysa le pays. La guerre avait-il dit. Il y a des mots qu’il faut éviter de prononcer car la guerre vint pour de bon à l’est de l’Europe. Vous croyez que c’est drôle de parler à Poutine pendant des heures, une vraie tête de mule coincé dans le XXe siècle, un mur toujours debout malgré les bombardements. Et tous ces coups de téléphone, tous ces déplacements, toutes ces réunions. Epuisant. Mais pourquoi s’était-il foutu dans ce merdier ? Et pourquoi était-il à nouveau candidat ? « Brigitte – dit-il – je ne me représente pas ! ». Brigitte se contenta de faire une bulle.