Il y a peu nous avions des médecins qui défilaient du matin au soir dans nos lucarnes, à présent ce sont des militaires. La mort n'est plus la même. Des humains sont tués par un bout de métal planté dans la chair ou écartelés par une explosion à quelques 2000 km de Paris parce qu’un dictateur trouve que son immense pays n’est pas assez grand, et qu’il pète de trouille à l’idée absurde qu’il puisse être attaqué. Une trouille telle qu’il est obnubilé par la nécessité d’imposer des distances entre son corps et celui des autres, entre son pays et ses voisins, et qu’il menace le monde entier de provoquer une apocalypse. Dans un exercice stalinien que l’on avait oublié, il insulte jusqu’au ridicule les récalcitrants à ses projets. Pendant que ce dictateur donne libre cours à sa paranoïa, et avant que n’éclate l’apocalypse dont il menace l’Occident, la butte Montmartre est aujourd’hui envahie par les promeneurs sous un ciel d’un bleu profond. Des ambassadeurs du monde entier sur les escaliers de la butte et sur les marches du Sacré – Cœur, et autour d’eux les fleurs, indifférentes, obéissant à un cycle perpétuel, éclatent silencieusement sur les arbres. La mitraille du printemps.