Le « crime d’écocide » réclamé par la Convention citoyenne pour le climat, aussi citoyenne que la brochette d'experts venus exposer leurs préoccupations et/ou leurs souhaits à des personnes qui n’avaient aucune expertise de la question, n’a pas été retenu et a été modifié par la ministre de la Transition écologique et le garde des sceaux en « délit d’écocide » dans la législation punitive (amplement justifiée quand il s’agit de pollution délibérée) prévue et annoncée hier. Reste tout de même que le terme d’écocide est à rapprocher d’homicide, de féminicide ou d'infanticide qui sont des termes réservés aux atteintes à l’intégrité physique d’une personne humaine, à moins ne vouloir évoquer la radicalité du génocide. Comme on pouvait s’y attendre, ces propositions paraissent timorées aux écologistes purs et durs. Par ex. l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint déclare sur Twitter : “Le gouvernement annonce la reconnaissance de l’écocide, mais la description des mesures à venir, quoique bienvenues, ne correspond pas à la condamnation de ce grave crime contre la nature ! ”. L’expression « crime contre la nature » assimile la nature a une personne. Mais devant la majesté, la grandeur et la beauté de la nature, ce n’est plus une personne que l’on tue, mais Dieu. Les écologistes rejoignent ainsi le panthéisme. L’écologie est devenue une religion et pour Régis Debray « aucune société persistante et consistante ne peut survivre sans ce qu'on appelle une religion », et il considère que pour ceux qui ont quitté les religions établies, « celle qui lui paraît la plus structurée est l'écologie avec ses synodes œcuméniques (One Planet), ses professions de foi (Charte de l'environnement), ses pratiquants (vegans), ses mécréants (les climato-sceptiques), ses processions (Marche pour le climat) et ses prophètes de malheur (Greta Thunberg, Pierre Rabhi…). Voir aussi : "Faut-il avoir peur de l'écologie ?" Illustration : Vladimir Kush "Âme voyageuse"